Somalie : des shebab attaquent une base des services de renseignement à Mogadiscio

21 juin 2015 à 10h24 par La rédaction

Mogadiscio (AFP)

Des combattants islamistes shebab ont lancé dimanche une attaque suicide contre une base des services de renseignement dans la capitale somalienne Mogadiscio, ont annoncé des responsables de la sécurité en affirmant que l'assaut avait été repoussé.

Selon le ministre de l'Intérieur somalien, les trois assaillants ont été tués, tandis que les forces de sécurité n'ont pas subi de pertes.

Un porte-parole des shebab, affiliés à Al-Qaïda, a revendiqué l'attaque, sans apporter de précision, selon des médias somaliens. 

"Il y a eu une attaque contre une base des forces de sécurité.Les assaillants ont utilisé une voiture piégée pour pénétrer dans le complexe.Il y a eu un intense échange de coups de feu", a déclaré Adan Mohamed, un responsable de la sécurité somalienne.

Des témoins présents à l'extérieur de la base ont entendu une forte explosion, suivie d'intenses échanges de coups de feu.

"Il y a eu une forte explosion et dans les secondes qui ont suivi une fusillade nourrie a éclaté.Nous ne pouvions pas sortir de la maison à cause des tirs", a raconté à l'AFP un habitant proche de la base, Abdulahi Yare.

Dans un bref communiqué, l'Agence nationale du renseignement et de la sécurité (Nisa) a indiqué que l'attaque avait échoué.

"L'attaque a été repoussée avec succès par nos forces", indique la Nisa, "personne n'a pu pénétrer dans nos bâtiments, ni dans nos bases".

Trois corps ont été montrés à la presse par les services de sécurité après l'attaque, qui intervient au début du mois du ramadan, une période où les shebab ont intensifié leurs actions ces dernières années.

"Les services de sécurité ont fait échouer une attaque des terroristes désespérés", a déclaré le porte-parole du ministre de l'Intérieur, Mohamed Yusuf."L'un d'eux s'est fait sauter et les deux autres ont été tués par balle.Ils tentaient de se ruer dans les bâtiments mais ils ont été stoppés avant d'atteindre leur objectif.Il n'y a aucune perte dans nos rangs".

- Cibles à abattre -

Au Kenya voisin, un représentant de l'administration locale a été assassiné à la sortie d'une mosquée, a annoncé dimanche la police kényane en attribuant l'attaque aux shebab. 

Mohamed Barre Abdullahi, un chef de la localité de Wajir, proche de la frontière somalienne, a été tué samedi par balle après la prière du soir.

"Les assaillants l'ont suivi jusqu'à la mosquée, ils ont attendu qu'il fasse sa prière, puis ils lui tiré dessus alors qu'il s'éloignait", a déclaré un commandant de la police de Wajir, Samuel Mukindia.

Ils ont été poursuivis par des policiers mais ils ont réussi à s'enfuir à la faveur de la nuit, a-t-il précisé. 

Selon des sources sécuritaires kényanes, l'attaque a sans doute été menée par des miliciens shebab, basés en Somalie mais qui ont aussi des hommes au Kenya, notamment dans le nord-est du pays, région frontalière où ils ont perpétré de nombreuses attaques ces derniers mois. 

Les shebab ont établi une liste de cibles à abattre visant des responsables locaux kényans, les qualifiant d'"agents des infidèles". 

Cet assassinat intervient trois jours après la levée du couvre-feu du crépuscule à l'aube qui était en vigueur depuis deux mois dans la région.Cet assouplissement des mesures de sécurité avait été décidé pour faciliter le ramadan, qui vient de débuter.  

Les shebab, littéralement "les jeunes", à la tête d'une insurrection armée en Somalie depuis 2007, attaquent régulièrement les autorités de Mogadiscio.Défaits sur le terrain militaire par la Force de l'Union africaine (Amisom) qui épaule l'embryon d'armée somalienne, ils multiplient les attaques, les attentats et les actions de guérilla dans le pays.

La Somalie est privée de réel Etat central depuis la chute en 1991 de l'autocrate Siad Barre, qui l'a plongée dans le chaos et livrée aux milices claniques, bandes criminelles et groupes islamistes.

Depuis plusieurs mois, les shebab ont également intensifié leurs attaques au Kenya, fer de lance de l'Amisom, particulièrement dans les provinces frontalières de Mandera, Wajir et Garissa.

Les islamistes ont notamment assassiné 148 personnes, dont 142 étudiants, à l'université de Garissa début avril.