Somalie: forces éthiopiennes et somaliennes ont pris une ville-clé du sud

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP) - (AFP)

Des troupes éthiopiennes et du gouvernement somalien de transition (TFG) ont pris jeudi la localité de Hudur, dans le sud-ouest de la Somalie, évacuée auparavant par les insurgés islamistes somaliens shebab qui la tenaient, selon un responsable local.

Située à environ 90 km de la frontière éthiopienne et à 300 km au nord-ouest de Mogadiscio, Hudur, désertée par une partie de ses quelque 7.000 habitants, est la capitale de la région de Bakol, contrôlée par les shebab qui avaient déjà dû abandonner en février aux forces éthiopiennes leur bastion de Baïdoa, capitale de la région de Bay voisine.

"Nous avons chassé les terroristes de Hudur et avons saisi des armes qu'ils ont abandonnées", a déclaré à l'AFP Mohamed Ibrahim, un responsable des autorités locales."Il y a eu peu de résistance", a-t-il précisé, ajoutant que des présumés sympathisants shebab avaient été arrêtés.

"Les combattants shebab ont tenté de tendre des embuscades à nos forces, mais ils ont été vaincus tard mercredi et ont fui la zone", avait indiqué à l'AFP, avant la prise de la ville, le député Mohamed Ibrahim Kishbur, joint à Baïdoa.

Un commandant shebab ayant requis l'anonymat avait de son côté confirmé des combats mais nié que ses hommes aient battu en retraite, affirmant au contraire avoir mis en déroute "le convoi de l'ennemi tentant de s'emparer de Hudur".

Des témoins avaient néanmoins confirmé que les combattants shebab avaient évacué la ville jeudi à l'aube."Les shebab ont quitté la ville en raison de l'avancée des forces éthiopiennes", avait notamment déclaré à l'AFP Mohamud Idow, un habitant de Hudur.

La perte de Hudur est un nouveau revers militaire pour les shebab, contraints par les forces du TFG et de l'Union africaine (UA) d'évacuer en août leurs positions à Mogadiscio, puis d'abandonner six mois plus tard Baïdoa aux forces éthiopiennes, entrées en novembre en Somalie.

Mardi, ils n'avaient pu occuper que quelques heures la ville stratégique de Dhusamareb, dans le centre de la Somalie, qu'ils avaient conquise à l'aube avant d'en être chassés par une contre-attaque de la milice pro-gouvernementale Ahlu Sunna Wal Jamaa.

Les shebab, qui contrôlaient encore en début d'année la majorité du sud et du centre de la Somalie, ont été contraints d'abandonner une partie de ces régions aux troupes kényanes - entrées en octobre en Somalie et depuis peu intégrées à la force de l'UA - et éthiopiennes.

Malgré de récents revers militaires, les experts avertissent que les shebab sont loin d'être défaits et risquaient de privilégier désormais les actions de guérilla et les attentats.