Somalie: l'UE dénonce le vote de défiance contre le Premier ministre

26 juillet 2020 à 11h48 par AFP

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Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a dénoncé dimanche le vote de défiance qui a emporté samedi le Premier ministre somalien Hassan Ali Khaire, considéré comme "un grave manque de respect pour les fondements constitutionnels" du pays.

"Les événements survenus samedi à la Chambre du peuple somalien représentent un revers pour la Somalie et pour la confiance de l'Union européenne dans les progrès de la Somalie", a estimé M. Borrell dans un communiqué, jugeant que "les procédures" utilisées pour ce vote ne répondent "pas aux exigences constitutionnelles minimales"."L'Union européenne examinera attentivement comment ces événements se sont produits, qui en porte la responsabilité et dans quelle mesure ils détournent la Somalie des progrès qu'elle accomplissait et qu'elle s'était engagée à réaliser auprès de ses partenaires internationaux", a-t-il insisté.M. Khaire, 52 ans, a été démis de ses fonctions samedi à l'issue d'un vote de défiance des députés, aussitôt entériné par le président Mohamed Abdullahi Mohamed, plus connu sous le surnom de Farmajo, qui l'avait nommé fin février 2017.Alors qu'ils devaient officiellement poursuivre leurs travaux sur l'organisation des prochaines élections générales dans le pays en 2021, les députés ont été invités par le président de l'Assemblée nationale à se prononcer par vote sur M. Khaire.Parmi les raisons invoquées par ce dernier pour justifier le renversement du Premier ministre figure "l'échec du gouvernement à mettre sur pied un plan précis ouvrant la voie à une élection au suffrage universel en 2021".La Somalie s'est donné pour objectif d'organiser de telles élections début 2021, une gageure au regard de conditions sécuritaires toujours très dégradées. La dernière élection véritablement démocratique dans le pays remonte à presque 50 ans, en 1969.Le fragile gouvernement central présidé par Farmajo ne contrôle qu'une partie du territoire somalien et est toujours confronté à l'insurrection des islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda.Hassan Ali Khaire, nouveau venu sur la scène politique et issu de la diaspora, aura eu une longévité assez remarquable à son poste, dans un pays où les tensions au sommet de l'exécutif ont fréquemment paralysé l'activité gouvernementale ces dernières années.