Somalie: plusieurs morts dans une attaque suicide contre un poste de police

19 novembre 2013 à 11h54 par La rédaction


Mogadiscio (AFP)

Plusieurs personnes ont été tuées mardi dans l'assaut lancé par un commando islamiste contre un poste de police de la localité de Beledweyne, près de la frontière éthiopienne, après y avoir projeté un véhicule suicide.

Les insurgés islamistes shebab, qui ont multiplié les attentats ces derniers mois en Somalie, ont revendiqué l'attaque."Plusieurs hommes des +commandos spéciaux moudjahidines+ ont mené l'attaque contre une base militaire de Beledweyne (...) et tué de nombreux ennemis", a affirmé à l'AFP un chef shebab de la région, Mohamed Abu Suleyman.

Aucun bilan précis n'était disponible à la mi-journée, mais la police, qui a assuré que l'attaque était terminée, a évoqué plusieurs "victimes", tandis qu'un témoin a indiqué avoir vu des morts.

"L'explosion a été très forte et il y a des victimes (...) la situation est sous contrôle désormais", a assuré par téléphone à l'AFP le colonel Abdulkadir Ali, un responsable de la police de Beledweyne, joint depuis Mogadiscio, 300 km plus au sud.

Un témoin, Hassan Nur, a raconté à l'AFP qu'une "voiture bourrée d'explosifs a heurté le portail du poste de police et explosé.Après l'explosion des hommes munis d'armes automatiques ont donné l'assaut au bâtiment, échangeant des tirs avec les forces de sécurité à l'intérieur".

"Je ne sais pas combien il y a de morts mais j'ai vu plusieurs cadavres éparpillés près du lieu de l'explosion", a-t-il ajouté.

Aucun autre détail n'était disponible, notamment sur le nombre de membres du commando islamiste ni sur leur sort.Selon des témoins, la localité est bouclée et de nombreuses forces de sécurité s'y sont déployées en masse après l'attaque.

Un porte-parole shebab, Abdulaziz Abu Musab, a confirmé à l'AFP l'utilisation d'un véhicule suicide pour ouvrir la voie au commando islamiste.Plusieurs membres des forces de sécurité "somaliens, mais aussi djiboutiens" ont été tués, a-t-il assuré, expliquant que le poste de police servait également de caserne aux soldats djiboutiens de l'Amisom, la force de l'Union africaine déployée dans le pays.

Beledweyne est située à une trentaine de km de l'Ethiopie.Elle est un des principaux points d'entrée en Somalie des troupes éthiopiennes qui participent depuis novembre 2011 au combat contre les islamistes somaliens shebab, parallèlement à l'Amisom, forte de 17.000 hommes.

Mi-octobre, 15 personnes avaient péri dans un attentat suicide, déjà revendiqué par les shebab, contre un restaurant de Beledweyne fréquenté par des militaires somaliens et éthiopiens et des soldats du contingent djiboutien de l'Amisom, tous stationnés dans la localité.

La ville reprise aux islamistes par les forces éthiopiennes début janvier 2012, est située à au carrefour de plusieurs voies stratégiques: une route reliant la frontière éthiopienne à Mogadiscio et un des axes commerciaux Nord-Sud. 

Depuis qu'ils ont été chassés de Mogadiscio par l'Amisom en août 2011, les shebab ont enchaîné défaite sur défaite et successivement abandonné leurs bastions du centre et du sud du pays, mais ils contrôlent néanmoins toujours de vastes zones rurales.

Confrontés à la puissance de feu supérieure des troupes africaines et éthiopiennes - qui épaulent diverses milices alliées - ils ont abandonné le combat conventionnel au profit d'attaques de guérilla de plus en plus sophistiquées.

Ils ont successivement attaqué, en avril et en juin, un tribunal de Mogadiscio puis le principal complexe - très protégé - de l'ONU dans la capitale somalienne, en utilisant à chaque fois une combinaison de véhicules-béliers piégés, de kamikazes et de fantassins ceints d'explosifs.

L'attentat le plus récent remonte au 9 novembre: une voiture piégée a explosé devant un hôtel de Mogadiscio, tuant quatre personnes dont un haut diplomate somalien.

Les shebab ont aussi montré leur capacité à porter le fer hors des frontières somaliennes en menant une opération spectaculaire contre le centre commercial Westgate à Nairobi mi-septembre.

L'attaque, menée par un commando d'à peine quatre hommes, qui a ouvert le feu aveuglément sur clients et commerçants avant de se retrancher et de résister durant plus de deux jours, a fait au moins 67 morts et une vingtaine de disparus.

L'Ethiopie, qui a fait part début novembre de son intention d'intégrer à l'Amisom ses troupes déployées en Somalie, a dit récemment s'attendre à être la cible d'attentats des shebab sur son territoire.