Somalie: poursuite de l'offensive shebab à Mogadiscio, des dizaines de civils tués

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP)

De violents combats ont repris mardi matin à Mogadiscio où plusieurs dizaines de civils ont été tués au deuxième jour d'une vaste offensive des insurgés islamistes shebab contre les forces gouvernementales somaliennes et les troupes de l'Union africaine (Amisom).

"De violents combats ont repris ce matin sur plusieurs lignes de front, notamment à Holwadag, Hodan et Bondhere", a déclaré à l'AFP un responsable des troupes gouvernementales, le colonel Mohamed Omar.

"Les combats ont recommencé ce matin, il y a de violents échanges de tirs d'artillerie", a indiqué à l'AFP le chef du service des ambulances de la capitale, Ali Muse Mohamoud.

"Le bilan atteint désormais 29 civils tués depuis le début des violences hier (lundi).Nos équipes médicales ont également collecté 98 blessés dans les quartiers où se déroulent les combats", a précisé M. Muse.

Un précédent bilan faisait état de onze civils tués et de 53 blessés.

Au cours de la nuit, le gouvernement de transition (TFG) a accusé les shebab d'avoir tué 15 civils dans des tirs de mortiers sur des quartiers habités, en zone gouvernementale.L'un de ces tirs s'est abattu sur un camp de déplacés, selon un communiqué du TFG.

"Nos forces infligent à l'ennemi de lourdes pertes, nous avons tué plus de 15 assaillants jusqu'à présent", selon le colonel Omar, dont les affirmations n'ont pas été confirmées de source indépendante.

Aucun bilan sur les pertes des belligérants n'était encore disponible mardi en milieu de matinée, alors que les combats continuaient de faire rage.

Le marché de Bakara, bastion islamiste dans le sud de la capitale, est resté fermé et des chars de l'Amisom ont pris position à plusieurs carrefours du nord de la ville.

"Nous sommes coincés dans nos maisons, nous ne pouvons pas sortir à cause des violents bombardements.Je peux entendre les chars de l'Amisom qui tirent au canon", a raconté Abdulahi Husein, habitant de Bondhere (nord) interrogé au téléphone par l'AFP.

"Le marché de Bakara n'est pas ouvert ce matin, toutes les routes aux alentours sont fermées, les gens ont peur, les obus de mortier pleuvent sur toute la zone du marché", a affirmé un commerçant local, Ali Muktar.

Lundi après-midi, presque au moment du début des affrontements, un porte-parole des insurgés shebab, Sheikh Ali Mohamoud Rage, avait annoncé au cours d'une conférence de presse le début d'une vaste offensive "contre les envahisseurs chrétiens (de l'Amisom, ndlr) et le gouvernement apostat".

"Les shebab ont publiquement déclaré la guerre au peuple somalien et à son gouvernement", démontrant "leur mépris pour le mois saint du ramadan", a accusé le TFG dans son communiqué.

Le ministre somalien de l'Information, Abdirahman Omar Osman, a rendu hommage à la "bravoure et à la détermination" des troupes gouvernementales pour défendre la population "contre ces groupes terroristes".

"Nos forces, avec l'aide de l'Amisom, résisteront fermement contre toute attaque", a-t-il assuré.

Les shebab qui se réclament d'Al-Qaïda, mènent régulièrement des attaques contre les forces gouvernementales à Mogadiscio.Cette nouvelle offensive en plein ramadan, promise depuis plusieurs semaines par les insurgés, semblait néanmoins d'une plus grande ampleur que ces habituels accrochages.

Les shebab tiennent l'essentiel du centre-sud de la Somalie.Soutenu à bout de bras par la communauté internationale, le TFG ne contrôle quant à lui que quelques quartiers de Mogadiscio, avec le soutien de 6.000 soldats ougandais et burundais de l'Amisom, déployés dans des secteurs stratégiques comme l'aéroport, le port, la présidence et plusieurs importants carrefours.