Somalie: premiers renforts djiboutiens à Mogadiscio pour l'Union africaine

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP) - (AFP)

Un premier contingent de 200 soldats djiboutiens est arrivé mardi à Mogadiscio pour renforcer la force de l'Union africaine (UA) en Somalie, l'Amisom, qui lutte contre les insurgés islamistes shebab, a-t-on appris auprès d'une source gouvernementale somalienne.

"Djibouti a déployé un premier contingent en Somalie aujourd'hui pour aider le pays à rétablir la paix et la stabilité, nous avons un besoin désespéré de soutien militaire pour éliminer la menace des shebab", a affirmé un responsable de questions de sécurité au gouvernement somalien, Mohamed Abdirahman.

"Le premier contingent est composé de 200 hommes, et d'autres suivront dans les jours à venir," a-t-il ajouté.

Djibouti, qui s'est engagé à envoyer quelque 850 hommes en Somalie voisine, est le troisième pays à participer à l'Amisom.Ses troupes devraient être stationnées à Mogadiscio, comme les 9.700 soldats ougandais et burundais qui formaient jusqu'ici seuls la force de l'UA dans le pays.

L'Amisom, qui intervient en soutien du fragile gouvernement de transition (TFG) somalien, a grandement contribué à l'abandon en août, par les shebab, de leurs positions-clés dans la capitale somalienne.

Mais Mogadiscio reste la cible de régulières attaques à la grenade ou au véhicule piégé et les appels à un renforcement de la force de l'UA se sont multipliés ces derniers mois.

Selon le plafond autorisé par les Nations unies, le contingent de l'Amisom peut actuellement atteindre jusqu'à 12.000 hommes.Son chef a de son côté demandé à pouvoir bénéficier de 20.000 soldats.

La Sierra Leone a promis d'envoyer 850 soldats en Somalie après avril 2012.

Le Kenya pourrait aussi rejoindre la force de l'UA.Il est déjà militairement présent dans le pays, depuis une offensive lancée mi-octobre dans le sud somalien pour en déloger les shebab, rendus responsables d'enlèvements et d'attaques sur son sol.

Les insurgés islamistes contrôlent encore l'essentiel du centre et du sud du pays, mais font face à une pression militaire accrue depuis quelques mois.Selon des témoins, l'Ethiopie aurait elle aussi envoyé le mois dernier des troupes de l'autre côté de sa frontière avec la Somalie.

La Somalie est en état de guerre civile et sans gouvernement effectif depuis la chute, en 1991, du président Siad Barre.

Ces violences incessantes, combinées à la récente sécheresse qui a dévasté la Corne de l'Afrique, ont plongé le pays dans une gravissime crise alimentaire ces derniers mois.Selon l'ONU, trois provinces du sud somalien sont aujourd'hui encore en état de famine, et 250.000 personnes risquent d'y mourir de faim.