Somalie: un an de prison pour une victime présumée de viol et un journaliste

Par La rédaction

MOGADISCIO (AFP) - (AFP)

  Une Somalienne, qui affirme avoir été violée par des membres des forces de sécurité, et un journaliste auquel elle s'est confiée ont été condamnés mardi à un an de prison par un tribunal de Mogadiscio pour "outrage aux institutions".

"Nous la condamnons pour avoir outragé les institutions de l'Etat en affirmant avoir été violée", a déclaré lors d'une audience publique le juge Ahmed Adan concernant cette déplacée somalienne.

"Elle passera un an en prison après avoir fini d'allaiter son bébé", a-t-il ajouté, ordonnant sa libération dans l'intervalle.

 Le journaliste indépendant, Abdiaziz Abdinuur, a de son côté été déclaré coupable d'avoir "outragé les institutions de l'Etat en faisant une fausse interview et d'être entré dans la maison d'une femme dont l'époux était absent", selon le juge.

 Incarcéré depuis début janvier, le journaliste, employé par plusieurs radios somaliennes et qui n'a jamais diffusé l'interview, a été immédiatement reconduit en prison.

Trois autres prévenus ont été relaxés et libérés.

  Selon plusieurs ONG internationales de défense des droits de l'homme, ces trois personnes, dont l'époux de la présumée victime de viol, soupçonnés d'avoir mis celle-ci en relation avec le journaliste, étaient accusés de l'avoir aidée à se soustraire à une enquête et d'avoir tenté de tirer profit de ses affirmations.

Les cinq inculpés risquaient jusqu'à six ou neuf ans de prison.

Leurs inculpations étaient "liées à l'attention accrue accordée par les médias au nombre important de viols et de violences sexuelles (en) Somalie, notamment des agressions attribuées aux forces de sécurité", avaient estimé Human Rights Watch (HRW), Amnesty International et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).