Sommet de l'OCI au Caire: les divisions sur la Syrie persistent

Par La rédaction

LE CAIRE (AFP) - (AFP)

 Le sommet de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) devait boucler jeudi ses travaux, dominés par la guerre civile en Syrie sur laquelle les pays membres restent divisés entre adversaires et partisans du régime du président Bachar al-Assad.

Vedette du sommet, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, un solide allié du pouvoir syrien, a répété que l'opposition devrait négocier avec Damas pour la tenue "d'élections libres et transparentes", soulignant que "c'est au peuple syrien de déterminer l'avenir de (son) pays".

"Les aspirations des peuples au changement, à la liberté et à la justice ne se réalisent pas par la guerre", a-t-il encore ajouté à la télévision d'Etat égyptienne.

Des consultations entre les chefs d'Etat d'Egypte, d'Iran et de Turquie, membres d'un comité sur la Syrie, ont eu lieu mardi en marge du sommet, mais ne semblent pas avoir infléchi la position de M. Ahmadinejad.

Ces consultations "se poursuivront au niveau des ministres des Affaires étrangères", a déclaré, sans avancer de date, le chef de la diplomatie iranienne, Ali Akbar Salehi."Le gouvernement et l'opposition doivent se rencontrer pour négocier", a-t-il réaffirmé.

Si l'Iran tient à ses "intérêts dans le monde arabe", il doit "soutenir le peuple syrien et (l'aider à) mettre fin à l'effusion de sang", a cependant déclaré le porte-parole de la présidence égyptienne, Yasser Ali.

"Que le régime syrien tire la leçon de l'Histoire: ce sont les peuples qui restent.Ceux qui font prévaloir leurs intérêts personnels aux dépens de ceux des peuples finiront par partir", a averti le président égyptien Mohamed Morsi.

A l'ouverture mardi du sommet qu'il préside, M. Morsi a exhorté les factions ne faisant pas partie de la Coalition de l'opposition syrienne, reconnue par la communauté internationale, à "se coordonner avec (elle) et soutenir ses efforts en vue d'une approche unifiée pour instaurer la démocratie" en Syrie.

A l'instar de plusieurs pays arabes, de l'Occident et de la Turquie, M. Morsi a maintes fois appelé au départ du président Assad, qui s'accroche au pouvoir alors que la guerre a fait plus de 60.000 morts depuis mars 2011 selon l'ONU.

 Une offre de dialogue avec des représentants du régime lancée par le chef de la Coalition de l'opposition, Ahmed Moaz al-Khatib, a suscité de violentes critiques dans son propre camp.Le régime n'a pas encore répondu publiquement à cette offre.

Selon un projet de résolution qui sera adopté jeudi, le sommet de l'OCI doit appeler à "un dialogue sérieux entre l'opposition et des représentants du gouvernement prêts à un changement politique et non impliqués dans la répression" de la révolte en Syrie.

Ce dialogue devrait déboucher sur "une transition réalisant les aspirations du peuple à des réformes démocratiques et à un changement" de régime, ajoute le projet sans mentionner le sort de M. Assad.

Autre dossier épineux au menu du sommet, le Mali.Les membres de l'OCI ont réagi en rangs dispersés à l'intervention militaire française pour en chasser les islamistes radicaux, l'Egypte et le Qatar se disant hostiles à une solution militaire.

A l'ordre du jour figurent aussi la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, la question de l'islamophobie, le sort des minorités musulmanes dans le monde et la coopération économique inter-islamique.

Au plan bilatéral, M. Ahmadinejad, arrivé lundi au Caire pour la première visite d'un président iranien en exercice depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays en 1980, mène une offensive de charme envers l'Egypte, dont il loue la place et le poids dans la région du Moyen-Orient.

Téhéran et Le Caire se sont rapprochés depuis l'arrivée au pouvoir des islamistes en Egypte, mais les deux capitales s'opposent notamment sur le conflit syrien.