Sommet des Grands Lacs: Kabila appelle à encadrer le commerce des minerais

15 décembre 2010 à 14h20 par La rédaction

LUSAKA (AFP)

Le président congolais Joseph Kabila a estimé mercredi à Lusaka qu'un "plan d'action" devait être adopté "pour mettre fin à l'exploitation illégale des minerais" qui finance les groupes armés, lors d'un sommet des pays de la région des Grands Lacs d'Afrique centrale (CIRGL).

Nous "devons adopter un plan d'action pour mettre fin à l'exploitation illégale des minerais qui a lieu dans ces pays", a appelé le président de la République démocratique du Congo (RDC) durant ce "sommet spécial" dans la capitale zambienne visant à la mise en place d'un mécanisme de certification des minerais.

Ce système, destiné à rendre la filière plus transparente, devrait permettre de combattre le commerce illicite qui sert à financer les groupes armés, notamment dans l'est de la RDC.

"Les leaders doivent s'engager", a déclaré Laurent Kabila devant 200 délégués.

"L'exploitation illégale a contribué à financer des groupes mafieux.C'est pourquoi la République démocratique du Congo a suspendu les activités minières dans le Nord et le Sud-Kivu" (Est) pour "éliminer" ces groupes, a-t-il affirmé.

Ces provinces, contrôlées par des rebelles et des militaires, regorgent de minerais, principalement la cassitérite (minerai d'étain, utilisé dans la soudure), et le coltan -abréviation de colombo-tantalite (utilisé dans les téléphones et ordinateurs portables, consoles de jeux, etc.).On y trouve également des gisements d'or.

Le chef de l'Etat zambien Rupiah Banda, qui préside la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) regroupant 11 pays, a également appelé à "trouver une solution durable à ce problème d'exploitation illégale des ressources naturelles à l'origine de conflits dans de nombreux pays".

Les présidents tanzanien Jakaya Kikwete et burundais Pierre Nkurunziza participaient également à ce sommet mais leur homologue soudanais Omar el-Béchir, invité par la Zambie, n'était pas présent.Il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre au Darfour.