Soudan: 300 migrants abandonnés dans le désert vers la Libye, 9 morts

30 avril 2014 à 19h36 par La rédaction


Khartoum (AFP)

Plus de 300 migrants clandestins ont été abandonnés par leurs passeurs en plein désert entre le Soudan et la Libye, où neuf d'entre eux ont trouvé la mort, a annoncé mercredi l'armée soudanaise.

"Ils étaient en route pour la Libye en tant que migrants clandestins", a expliqué à l'AFP Sawarmi Khaled Saad, un porte-parole de l'armée."Les passeurs les ont laissés dans le désert" à la frontière.

Les neuf morts sont Soudanais, mais des Ethiopiens, des Erythréens, des Pakistanais et des Bangladais se trouvaient également dans le groupe, a ajouté le porte-parole.

Sur le site internet du ministère de la Défense, M. Saad a fait état d'un total de 319 migrants retrouvés lors d'une opération menée conjointement par des soldats soudanais et libyens.

"Neuf d'entre eux sont morts et les autres sont en mauvaise santé.Ils reçoivent actuellement des soins et sont en cours de transfert vers Dongola", à 500 km au nord-ouest de Khartoum, a-t-il expliqué sur le site.

La région désertique s'étendant de l'est du Soudan à travers l'Egypte jusqu'à la péninsule du Sinaï est un des axes principaux de trafic de réfugiés et migrants africains en quête d'un avenir meilleur.

Des milliers d'Erythréens fuient chaque année en direction d'Israël, tandis que d'autres cherchent à gagner l'Europe en traversant la Méditerranée.

Selon les chiffres officiels soudanais, quelque 600 Erythréens par mois parviennent à gagner le Soudan."La majorité d'entre eux veulent poursuivre la route", selon une source proche du dossier.

En février, l'organisation Human Rights Watch a dénoncé une connivence entre des officiers des services soudanais de sécurité et des trafiquants accusés de torturer des migrants érythréens et de les détenir pour obtenir une rançon.

En novembre, les autorités d'une province soudanaise frontalière de l'Erythrée ont demandé l'aide de l'Union européenne pour lutter contre de puissants "groupes criminels organisés" engagés dans le trafic d'êtres humains.

Pour les migrants à la merci de ces trafiquants, le voyage à travers le désert et parfois plusieurs mers est périlleux.Mais les candidats au départ sont toujours plus nombreux.

Selon le Conseil italien des réfugiés (CIR), 10.000 migrants ont débarqué sur les côtes italiennes depuis le début de l'année, soit dix fois plus que sur la même période de 2013.