Soudan: Béchir entendu dans l'affaire du coup d'Etat de 1989 (avocat)

10 décembre 2019 à 12h12 par AFP

AFRICA RADIO

L'ancien président soudanais Omar el-Béchir a été entendu mardi par une commission du parquet soudanais dans l'affaire du coup d'Etat de 1989 à la faveur duquel il avait pris le pouvoir, a-t-on appris auprès de son avocat.

"Aujourd'hui, l'ancien président Omar el-Béchir a été amené pour être interrogé dans l'affaire du présumé coup d'Etat de 1989", a dit à la presse l'avocat Mohamed al-Hassan, qui n'a pas assisté à l'audition.Selon le défenseur de l'ancien président, qui a été destitué le 11 avril dernier après 30 ans au pouvoir à la suite d'un mouvement de contestation inédit, "ce n'est pas une affaire judiciaire, c'est une affaire politique".Le 12 novembre, les autorités soudanaises ont émis un mandat d'arrestation à l'encontre d'Omar el-Béchir pour son rôle dans le coup d'Etat de 1989. Le parquet a alors mis en place une commission spéciale pour cette affaire.Mardi, M. Béchir, qui est détenu à la prison de Kober à Khartoum, a été transporté dans les locaux du parquet à bord d'un convoi de véhicules et sous forte protection armée. A l'issue de l'audience, qui a duré environ une heure, une foule présente devant le bureau du procureur a scandé: "Kober est le meilleur endroit pour toi!" ou encore "tu as tué les gens!" Habillé de sa traditionnelle galabiya blanche et de son turban, M. Béchir a levé les mains vers la foule, avant de réintégrer son convoi à destination de la prison.Un premier verdict doit être rendu à l'encontre de M. Béchir samedi dans une affaire de corruption pour laquelle il a comparu depuis le mois d'août. Dans cette affaire, il a dû répondre devant la justice de possession et utilisation frauduleuse de fonds perçus de l'Arabie saoudite.L'ancien président soudanais fait aussi l'objet de deux mandats d'arrêts émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour "crimes de guerre", "crimes contre l'humanité" et "génocide" au Darfour. Cette province occidentale soudanaise a été le théâtre d'une guerre sanglante entre rebelles et forces loyales au pouvoir de Khartoum. Le conflit, qui a éclaté en 2003, a fait 300.000 morts et 2,5 millions de déplacés, selon l'ONU.A ce jour, les autorités soudanaises de transition n'ont pas souhaité extrader l'ex-chef de l'Etat vers La Haye où se trouve le siège de la CPI.