Soudan: Des affrontements intercommunautaires au Darfour déplacent 57.000 personnes

Par AFP

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Des affrontements intercommunautaires au Darfour, une région de l'ouest du Soudan déchirée par les violences, ont déplacé 57.000 personnes depuis décembre, dont 11.000 ont fui vers le Tchad, s'est inquiétée l'ONU mardi.

Selon la Croix-Rouge locale, près de 50 personnes ont été tuées en deux jours fin décembre à El Geneina, capitale de l'Etat du Darfour-Ouest, au cours d'affrontements entre des membres de l'ethnie africaine des Masalit et celle, arabe, des Rizeigat, deux groupes qui se sont souvent affrontés ces dernières années.Environ 46.000 personnes ont été déplacées par ces violences, selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR).Et, plus de 11.000 autres ont fui au Tchad voisin, dont "quatre mille d'entre elles au cours de la seule semaine dernière", a déclaré un porte-parole du HCR, Babar Baloch, au cours d'un point de presse à Genève.Soulignant les tensions persistantes au Darfour, le HCR craint que le nombre de personnes se réfugiant au Tchad atteigne la barre des 30.000 au cours des prochaines semaines.Au Tchad, les réfugiés sont pour l'instant répartis dans plusieurs villages près de la frontière, autour de la ville d'Adré, située dans la province du Ouaddaï qui accueille déjà 128.000 réfugiés soudanais. "Les conditions sont désastreuses", a relevé Babar Baloch, expliquant que la plupart sont dans des abris de fortune quand ils en ont un.Ces personnes ont besoin de "nourriture et d'eau de toute urgence". Le HCR est également préoccupé par leur état de santé.L'agence de l'ONU et ses partenaires sont sur place pour mettre en oeuvre la réponse humanitaire aux côtés des autorités tchadiennes. "Toutefois, le taux d'arrivée des réfugiés risque de dépasser nos capacités. Des ressources et un soutien supplémentaires seront nécessaires pour renforcer la réponse", a averti M. Baloch.En collaboration avec le gouvernement tchadien, le HCR est en train d'identifier un site, plus éloigné de la frontière soudanaise, afin d'y reloger les réfugiés.Le Darfour est déchiré par les violences depuis que des communautés non arabes se sont révoltées en 2003 contre le pouvoir central d'Omar el-Béchir, l'accusant de marginaliser leur région. La réponse de Khartoum, par l'intermédiaire des milices arabes Janjawid, a été particulièrement féroce envers combattants et civils.