Soudan: des opposants détenus sans inculpation, selon HRW

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Human Rights Watch a appelé mardi le Soudan à inculper ou libérer six membres de partis d'opposition arrêtés après avoir rencontré le mois dernier des groupes rebelles au sujet d'une charte prévoyant un renversement du régime.

Une coalition de partis politiques soudanais et de figures de la société civile, ont ratifié la charte de la Nouvelle aube lors d'une rencontre à Kampala, en Ouganda, avec des représentants rebelles venus des régions soudanaises du Darfour, du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu.

Ce pacte fixe comme objectif un changement de régime, à la fois par les armes et par des moyens pacifiques.

Selon HRW, l'arrestation des opposants politiques "est liée à leur participation" à cette rencontre.D'après Amnesty International, ils ont été arrêtés entre le 7 et 14 janvier.

"Le Soudan devrait libérer les six détenus ou indiquer les charges crédibles pesant contre eux," a indiqué Daniel Bekele, directeur pour l'Afrique de l'organisation des droits de l'Homme basée à New York.

"Ces semaines de détention en violation de toutes les procédures soulignent le besoin de réformer en profondeur les agences de sécurité nationale soudanaises et les lois qui les encadrent", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.

Parmi les détenus se trouve Mohammed Zain El-Abidine, 66 ans, une figure de l'opposition et membre du Parti démocratique unioniste (PDU), dont la famille a indiqué à HRW qu'il souffrait d'un cancer et de diabète.

Si des représentants de plusieurs partis politiques ont signé la charte, elle n'a pas encore été officiellement approuvée par les chefs de partis qui ont affirmé étudier le texte.

La charte propose de remplacer le régime du président islamiste Omar al-Béchir, en place depuis 23 ans, par un "Etat démocratique fédéral (...) basé sur l'égalité" et qui assure une séparation entre la religion et le gouvernement.

Réclamer une telle séparation est contraire à la loi et correspond à une alliance avec les rebelles, a indiqué à l'AFP un haut cadre du Parti du Congrès national au pouvoir, Rabbie Abdelatti Ebaïd.

M. Ebaïd a indiqué à l'AFP que les organisations de défense des droits de l'Homme "ne devraient pas s'exprimer au sujet des crimes politiques commis à l'encontre du pays".

"C'est un crime" dissimulé derrière l'excuse de "la liberté politique", a-t-il insisté, accusant les partisans de la charte de vouloir prendre le pouvoir "sans l'autorisation du peuple".