Soudan: des rebelles disent avoir enlevé 29 employés chinois

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Des rebelles du Kordofan-Sud, qui affrontent depuis juin l'armée soudanaise dans cette région du sud du pays, ont affirmé dimanche avoir enlevé 29 employés chinois après des combats avec les forces gouvernementales.

Un porte-parole de la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM, ex-rebelles sudistes) Arnu Ngutulu Lodi a annoncé à l'AFP que neuf membres des forces armées soudanaises (SAF, nordistes) avaient également été enlevés dans cette opération.

"Nous les avons enlevés et ils sont à l'abri", a-t-il affirmé, assurant qu'aucun n'avait été blessé.

Selon lui, les travailleurs chinois, employés sur un projet de construction de route, et les soldats ont été capturés samedi lorsque les rebelles ont attaqué un convoi de l'armée soudanaise entre la localité de Rachad et al Abbassiya, dans le nord-est de la province.

Les travailleurs chinois ont été transférés pour leur sécurité et "jusqu'à nouvel ordre" dans les montagnes de Nouba.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immediat auprès des forces armés soudanaises et de l'ambassade de Chine.

La Chine, qui a investi des milliards de dollars dans l'industrie pétrolière soudanaise, a longtemps soutenu le régime de Khartoum mais a été prompte à établir des liens avec Juba après la partition.

Le Kordofan-Sud, unique Etat pétrolier du Soudan depuis la partition du Soudan du Sud, est le théâtre depuis juin 2011 d'affrontements qui auraient fait des centaines de morts entre l'armée soudanaise et les rebelles du SPLM-Nord.

Le pouvoir de Khartoum cherche à asseoir son autorité sur cet Etat alors qu'une partie de sa population a combattu au côté des Sudistes pendant la guerre civile Nord/Sud (1983-2005) qui a conduit à la partition.

Selon les Nations unies, le conflit affecte des centaines de milliers de personnes, dont beaucoup ont dû fuir leur maison.Et des réfugiés ont évoqué des pénuries alimentaires, à des niveaux parfois "alarmants".

Mais Khartoum refuse de laisser l'ONU et les travailleurs humanitaires étrangers accéder à ces zones, ce qui empêche également d'obtenir des informations de source indépendante sur les combats.