Soudan: des rebelles du Darfour affirment marcher sur Khartoum

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Des rebelles du Darfour, une région de l'ouest du Soudan ravagée par la guerre civile, ont affirmé avoir commencé à marcher sur Khartoum, a indiqué jeudi leur porte-parole, trois ans après une attaque rebelle sans précédent contre la capitale soudanaise, qui a fait plus de 200 morts.

"Nos troupes ont commencé à se déplacer du Darfour vers l'est, se dirigeant vers la capitale", a déclaré à l'AFP Gibril Adam Bilal, porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM), joint au téléphone à Londres.

"Notre bataille contre le gouvernement a déjà commencé", a indiqué le porte-parole du JEM, l'un des principaux groupes armés du Darfour.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immediat auprès de l'armée soudanaise.

Selon M. Bilal, les rebelles du JEM ont atteint En Nahoud, à quelque 120 km à l'est du Darfour, dans l'Etat du Kordofan Nord, et continuent d'avancer dans le but de faire tomber le régime du président Omar el Béchir.

En mai 2008, plus de 222 personnes avaient été tuées lorsque des rebelles du JEM avaient traversé plus de 1.000 km à travers le désert pour attaquer Omdurman, la ville jumelle de Khartoum, liée à la capitale par un pont sur le Nil.

Plusieurs rebelles ont été jugés et condamnés à mort pour cette attaque.

"Nous lançons un appel à tous les groupes politiques et militaires qui combattent ce gouvernement à travailler ensemble pour changer le régime" a dit encore M. Bilal.

Le gouvernement soudanais a signé en juillet un accord de paix à Doha avec une coalition de petites factions darfouries rebelles, le Mouvement de libération pour la justice (LJM).

Les principaux groupes armés au Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) et les factions de Armée de libération du Soudan (SLA) dirigées par Minni Minnawi et Abdelwahid Nour n'ont pas signé cet accord.

Au moins 300.000 personnes ont été tuées et 1,8 million déplacées depuis le début en 2003 de la guerre au Darfour entre des groupes rebelles autochtones et le régime de Khartoum, selon une estimation des Nations unies.

Ibrahim Gambari, chef de la mission internationale sur le Darfour, a appelé dimanche les derniers rebelles à rejoindre le processus de paix, avertissant lors d'un entretien à l'AFP qu'il leur restait peu de temps, étant donné que certains s'allient contre le régime de Khartoum.