Soudan: deuxième jour de troubles au Sud-Darfour

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Des pillages et incendies volontaires ont eu lieu mercredi au Sud-Darfour à l'issue d'une manifestation contre la nomination d'un nouveau gouverneur dans cette région du Soudan dévastée par une guerre civile, selon des témoins.

De la fumée noire s'élevait au-dessus du marché principal de la capitale Nyala, où de nombreuses boutiques ont été incendiées, et des pillages étaient en cours, a précisé un témoin, sans pouvoir préciser s'ils étaient le fait de protestataires.

Plusieurs centaines de personnes, principalement des étudiants et des lycéens, s'étaient rassemblées, pour la deuxième journée consécutive, afin de soutenir le gouverneur élu, Abdoul Hamid Kacha, évincé au profit d'une gouverneur nommé par Khartoum.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et plusieurs protestataires, incommodés par les gaz, ont été hospitalisés, ont indiqué ces témoins.

Les troubles ont démarré mardi lors d'une cérémonie officielle marquant l'arrivée du nouveau gouverneur, à l'occasion de laquelle les protestataires ont jeté des pierres et brûlé des pneus.

"Il y a ceux qui le soutiennent (l'ancien gouverneur, NDLR) et qui pensent qu'il n'y aurait pas du y avoir de changement", a déclaré Ibrahim Gambari, chef de la mission conjointe ONU-Union africaine au Darfour (Minuad).

Il a précisé qu'il s'agissait d'une question de politique interne et que la Minuad, forte de 17.000 hommes, travaillerait avec le gouverneur au pouvoir, qui il soit.

Le président soudanais Omar el-Béchir a remplacé au début du mois le gouverneur élu par un gouverneur nommé, Hamad Ismaïl.Il a également modifié les frontières administratives au sein du Darfour, créant deux nouveaux Etats dans cette région qui en comptait trois.

Khartoum a signé en juillet au Qatar un accord de paix avec une coalition de petites factions du Darfour, mais les principaux groupes armés de la région ne l'ont pas signé.Parmi les clauses de cet accord figure un référendum sur la structure administrative du Darfour.

Au moins 300.000 personnes ont été tuées et 1,8 million déplacées depuis le début en 2003 de la guerre au Darfour, selon une estimation des Nations unies.Khartoum évoque de son côté le chiffre de 10.000 morts.