Soudan du Sud: l'ONU commence à retirer ses troupes des camps protégeant les civils

4 septembre 2020 à 12h58 par AFP

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La mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) a annoncé vendredi avoir commencé à retirer des troupes des différents camps à travers le pays, dans lesquels des dizaines de milliers de civils avaient trouvé refuge pendant la guerre civile.

Les camps de protection des civils (PoC) avaient été établis à Juba et dans d'autres grandes villes après le déclenchement de la guerre en décembre 2013. La population civile s'y était réfugiée en masse, pour fuir les atrocités à caractère ethnique qui ont marqué le conflit.Actuellement, un peu plus de 180.000 personnes vivent dans ces camps, mais la Minuss estiment qu'ils ne sont plus menacés après la formation d'un gouvernement d'union nationale en mars.La mission a commencé à "progressivement retirer" ses soldats et policiers des camps situés dans les villes de Bor (centre) et Wau (Nord-Ouest), a indiqué en conférence de presse l'envoyé spécial de l'ONU, David Shearer."Nous avons estimé que les menaces qui existaient il y a quelques années n'existent plus aujourd'hui", a-t-il justifié.Ces sites seront transformés en camps plus conventionnels pour les déplacés, qui seront placés sous le contrôle du gouvernement sud-soudanais et non plus de l'ONU.Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013 lorsque le président Salva Kiir, un Dinka, a accusé Riek Machar, son ex-vice-président, membre de l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'Etat.Après plusieurs tentatives infructueuses de sceller la paix, un accord de paix a finalement été signé en septembre 2018, qui a débouché sur la formation d'un gouvernement d'union en mars 2020, avec le retour de M. Machar comme vice-président.Depuis, le Soudan du Sud se remet péniblement de cette guerre civile qui a fait en six ans plus de 380.000 morts et provoqué une crise humanitaire catastrophique."Personne ne sera poussé dehors ou ne se verra demander de partir quand la Minuss se retirera. Les services humanitaires continueront", mais les camps dépendront de Juba pour qui il est temps d'en assumer la "responsabilité", a souligné M. Shearer.L'ONU a 17 bases permanentes au Soudan du Sud, avec plusieurs autres bases temporaires établies durant la saison des pluies, et dispose d'environ 14.000 soldats et policiers dans le pays.Ce retrait permettra à la Minuss de redéployer les 300 à 450 soldats et policiers employés à la protection de chaque camp ailleurs dans le pays, pour faire face à une recrudescence des violences dans certaines régions, comme l'Etat du Jonglei, dont Bor est la capitale.Quelque 600 personnes ont été tuées dans des affrontements communautaires dans le Jonglei ces six derniers mois, selon la Minuss, ce qui représente aux yeux de M. Shearer une menace pour le processus de paix.