Soudan du Sud: l'ONU voit un accord possible mais pas encore la paix

Par La rédaction

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Nations unies (Etats-Unis) (AFP)

La Mission des Nations unies au Soudan du Sud se prépare à une poursuite des combats dans le pays même si un accord politique venait à être signé entre les deux principaux chefs rivaux, a indiqué mercredi sa nouvelle patronne.

La diplomate danoise Ellen Loej, qui dirige la Mission depuis six semaines, a expliqué à des journalistes que la force de l'ONU de 10.500 hommes était actuellement en train de se redéployer pour se concentrer davantage autour des points "chauds", notamment dans le Nord.

"Nous nous préparons à ce qui pourrait arriver s'il y avait un accord politique et si cet accord politique n'était pas entièrement cautionné par les chefs militaires et les commandants sur le terrain", a souligné Ellen Loej.

La diplomate a fait un compte rendu de sa mission devant le Conseil de sécurité et l'a appelé, ainsi que les dirigeants de la région, à accentuer la pression sur le président Salva Kiir et son rival, le chef rebelle Riek Machar, pour qu'ils parviennent à un accord.

Une délégation de dirigeants est-africains d'Ethiopie, du Kenya et d'Ouganda ont rencontré Salva Kiir à Juba mercredi pour pousser à un accord afin de mettre fin à près de dix mois de guerre.

Mais Mme Loej a estimé que même un accord entre les deux principaux chefs rivaux du Soudan du Sud ne suffirait pas à mettre fin aux violences.

La Mission des Nations unies au Soudan du Sud (Minuss) attend des renforts, notamment de la Chine, qui est sur le point d'envoyer un bataillon de 700 hommes, et de l'Ethiopie.

Près de 100.000 Sud-Soudanais ont trouvé refuge dans neuf camps de l'ONU, craignant d'être tués s'ils les quittent.

Lundi, le président Salva Kiir et son rival Riek Machar ont reconnu leur responsabilité collective dans la guerre qui a coûté la vie à des milliers de leurs concitoyens, lors d'une rencontre à Arusha, dans le nord-est de la Tanzanie.

C'est la première fois que les deux rivaux se rencontraient depuis la signature d'un cessez-le-feu en août en Ethiopie qui n'avait pas été respecté, comme les trois précédents accords.

"Même si les deux dirigeants politiques signent un accord, un énorme travail de réconciliation devra être mené sur le terrain pour régler le problème", a noté Mme Loej.