Soudan du sud: tirs intenses au cours de la nuit à Juba

16 décembre 2013 à 7h53 par La rédaction

Nairobi (AFP)

Des tirs et détonations intenses ont été entendus durant la nuit autour de plusieurs bâtiments militaires à Juba, la capitale sud-soudanaise, dans un contexte de tension politique au sein du régime, selon des ambassades et des témoins.

"La situation est relativement confuse", a indiqué un diplomate, refusant de se prononcer sur les raisons et l'origine de ces tirs.Aucun tir n'était plus entendu depuis environ 09H00 (06H00 GMT) et la ville est quadrillée par les forces de sécurité, a-t-il poursuivi.

Le ministre sud-soudanais de l'Information Michael Makuei Lueth, contacté par l'AFP, a refusé de commenter la situation, soulignant simplement que le président Salva Kiir était toujours en fonction.

Les ambassades britannique et américaine ont appelé leur ressortissants à éviter les déplacements en ville.L'ambassade des Etats-Unis a fait état "d'information de diverses sources crédibles sur des incidents de sécurité en cours et de tirs sporadiques dans divers endroits de Juba".

"Les tirs ont commencé vers 22H00-22H30 (19H-19H30 GMT) (...) et ont duré jusqu'à environ 2H00 du matin.Il y a ensuite eu une accalmie et ils ont repris vers 06H00 dans un autre quartier militaire", a expliqué ce diplomate, précisant que les combats avaient été pour l'heure circonscrits à deux endroits de la ville.

Une source sécuritaire a indiqué que les combats semblaient opposer divers éléments de l'armée sud-soudanaise, l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) ex-rébellion durant la guerre civile contre Khartoum (1983-2005) devenue armée nationale à l'indépendance du Soudan du Sud en 2011.

Cette source a fait état de l'utilisation de mitrailleuses lourdes et de mortiers.

"Nous avons été informés que l'aéroport de Juba est fermé pour une durée indéterminée", a confirmé à l'AFP une agence de voyage à Nairobi.

Le Soudan du Sud est en proie à d'importantes tensions politiques depuis le limogeage en juillet dernier par le président Kiir de l'ensemble du gouvernement, notamment du vice-président Riek Machar, son rival politique qui avait annoncé son intention de se présenter contre le chef de l'Etat sortant lors de la présidentielle de 2015.

Ce limogeage avait laissé craindre un retour des clivages de la guerre civile, entre les partisans de M. Kiir, pour beaucoup issus de l'ethnie Dinka, et la communauté Nuer de M. Machar.