Soudan du Sud: un deuxième humanitaire tué en une semaine

Par AFP

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Les Nations unies ont condamné mardi le meurtre d'un travailleur humanitaire au Soudan du Sud, pays réputé le plus dangereux au monde pour ces derniers et où la mort de l'un d'entre eux avait déjà été annoncée lundi.

Au total, neuf travailleurs humanitaires ont été tués au Soudan du Sud depuis le début de l'année, soit trois fois plus que sur la totalité de l'année 2019, selon un communiqué publié par le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA). Un travailleur humanitaire sud-soudanais a été tué par balles par "des jeunes armés" le 30 octobre, alors qu'il quittait les locaux de Nile Hope, l'ONG locale pour laquelle il travaillait dans l'Etat du Jonglei, pour se rendre dans un établissement médical dédié aux enfants mal-nourris et aux jeunes mères, écrit OCHA. C'est dans ce même Etat, situé à l'est du pays, qu'un travailleur humanitaire avait été tué la veille, le 29 octobre. Sa mort avait été annoncée lundi par l'organisation onusienne. "Je suis horrifié par ces actes de violence répétés contre des humanitaires. Les travailleurs humanitaires sud-soudanais font face à des conditions difficiles pour fournir à leurs concitoyens une aide vitale et ils devraient être protégés", a déclaré le coordinateur de l'action humanitaire de l'ONU au Soudan du Sud, Alain Noudéhou, dans ce texte. Il a appelé à ce que "les auteurs soient identifiés et qu'ils rendent des comptes". Toutes les opérations humanitaires ont été mises à l'arrêt dans la zone du meurtre. Contacté par l'AFP, le sous-secrétaire aux Affaires humanitaires, Gatwech Peter Kulang, a déclaré que cette interruption allait "ajouter aux souffrances des communautés locales", "déjà touchées par des inondations".Le Soudan du Sud est généralement considéré ces dernières années comme l'endroit le plus dangereux au monde pour les travailleurs humanitaire et ces meurtres surviennent dans un contexte de recrudescence des attaques contre les membres et convois d'organisations humanitaires à travers le pays.Dans un communiqué commun publié en octobre, plusieurs ambassades au Soudan du Sud, dont les représentations américaine, britannique et de l'Union européenne, se sont inquiétées de la détérioration des conditions de sécurité pour les humanitaires dans le pays. Deux ans à peine après son indépendance, en 2011, le Soudan du Sud a plongé dans une terrible guerre civile qui a fait près de 400.000 morts.Un cessez-le-feu signé en septembre 2018 et la formation en début d'année d'un gouvernement d'union nationale ont partiellement arrêté le bain de sang, mais de nombreuses régions restent ravagées par des conflits localisés.