Soudan: le gouverneur du Kordofan-Sud assure vouloir la paix

Par La rédaction

KHARTOUM (AFP) - (AFP)

Le gouverneur de l'Etat soudanais du Kordofan-Sud a assuré mardi qu'il voulait la paix et que l'offensive militaire en cours, pendant laquelle des crimes contre l'humanité pourraient avoir été commis selon l'ONU, visait à amener les rebelles à la table des négociations.

"Nous faisons de notre mieux pour que ce conflit soit le plus court possible parce que nous pensons que les opérations militaires ne sont pas un objectif, mais un moyen de pousser l'autre camp à venir à la table des négociations", a déclaré le gouverneur, Ahmed Harun, lors d'une conférence de presse à Khartoum.

"Nous sommes engagés en faveur de la paix et du dialogue", a assuré M. Harun, qui fait l'objet comme le président soudanais Omar el-Béchir d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes de guerre au Darfour, dans l'ouest du Soudan.

Depuis le 5 juin au Kordofan-Sud, de violents combats opposent l'armée soudanaise à des rebelles Nuba, qui avaient combattu au côté des Sudistes lors de la guerre civile entre le Nord et le Sud (1983-2005).

Les combats ont commencé peu après la réélection de M. Harun, alors que son ancien adjoint et principal opposant, Abdelaziz al-Hilu, haut responsable de la branche nord de l'armée sudiste, s'était retiré en dénonçant des fraudes.

"Le plan d'Abdelaziz est de coloniser Kadougli (la capitale de l'Etat), en coordination avec les groupes rebelles du Darfour (limitrophe du Kordofan-Sud), et ensuite de marcher sur Khartoum", a assuré M. Harun.

L'ONU a évoqué d'intenses bombardements aériens sur plusieurs villes de l'Etat et estimé à plus de 70.000 le nombre de civils forcés de fuir leurs maisons, tout en regrettant que l'aide humanitaire ne puisse leur parvenir.

Dans un rapport interne dont l'AFP a obtenu une copie, l'ONU s'est aussi inquiétée d'attaques systématiques contre les civils Nuba, qui pourraient constituer des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre.

Mais M. Harun a balayé ces accusations mardi, assurant que le conflit n'avait aucune dimension ethnique et que les différentes agences humanitaires étaient entièrement libres de leurs mouvements dans son Etat.

Il a en revanche assuré que des soldats du Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM), le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour, étaient entrés au Kordofan-Sud la semaine dernière pour se battre au côté des rebelles à Al-Tais, à 25 km au sud de Kadougli.

"Mais nous les avons complètement anéantis et nous avons fait leur chef prisonnier", a-t-il assuré.

Le JEM avait revendiqué cette opération commune, assurant qu'elle avait abouti à la mort d'une centaine de soldats soudanais et permis la saisie de nombreuses armes, mais l'armée soudanaise avait rapidement démenti toute implication de rebelles du Darfour au Kordofan-Sud.

Malik Agar, responsable de la branche politique des forces rebelles, a récemment menacé d'un soulèvement "coordonné" au Nil Bleu (à l'est du Kordofan-Sud) et au Darfour (à l'ouest), à moins que Khartoum accepte un cessez-le-feu au Kordofan-Sud.