Soudan: le Sud accuse le Nord de mener des raids aériens à la frontière

23 mars 2011 à 14h19 par La rédaction

JUBA (Soudan) (AFP)

L'armée du Sud-Soudan a accusé mercredi les forces du Nord d'avoir bombardé des zones situées de son côté de la frontière séparant les deux parties du pays, appelées à devenir deux Etats à partir de juillet à l'issue d'un référendum sur l'indépendance du Sud.

"Un avion Antonov de l'armée du (Nord) du Soudan a bombardé deux zones dans l'ouest de la région de Raja dans l'Etat du Bar el-Ghazal occidental lundi matin", a indiqué Philip Aguer, porte-parole de l'Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), les ex-rebelles aujourd'hui à la tête de l'armée de la région semi-autonome du Sud-Soudan.

"Les gens ont été très surpris, car il n'y a pas eu d'avertissement, mais fort heureusement il n'y a pas eu de victime", a-t-il ajouté.

Un porte-parole de l'armée du Nord a rejeté ces accusation comme "totalement fausses".

"Nous n'avons pas mené d'attaque dans la région de Raja et il n'y a aucune raison pour nous de le faire", a indiqué Sawarmi Khaled Saad à l'AFP.

La mission de l'Onu au Soudan (Unmis) a indiqué qu'une enquête avait été ouverte sur ces accusations d'attaques qui selon la SPLA ont eu lieu lundi et mardi dans les zones de Sirka et de Timsaha.

"L'Unmis a envoyé des patrouilles et tente de vérifier ces allégations", a indiqué la porte-parole de la mission Hua Jiang.

La zone où les bombardements auraient eu lieu est aussi frontalière du Darfour, en proie à une guerre civile qui est à l'origine de plus de 300.000 morts selon les estimations de l'ONU -10.000 d'après Khartoum- et 2,7 millions de déplacés.

L'armée du Nord a accusé le Sud d'apporter une aide aux rebelles du Darfour, ce que le Sud dément.

"Il n'y a pas de rebelles là bas et il va falloir demander (au Nord, NDLR) pourquoi ils mènent ces attaques", a indiqué M. Aguer.

"Le Darfour est frontalier de cet Etat, mais la frontière est loin", a-t-il ajouté, tout précisant que l'armée du Sud n'envisage pas de mesure de représailles.

"Nous ne faisons que protester contre ces attaques, et leur demandons que cela ne se reproduise plus jamais", a ajouté M. Aguer.

Le Nord a déjà été accusé d'avoir lancé des bombardements similaires en novembre et en décembre.Les autorités du Nord avaient alors admis des bombardements lors d'un raid "accidentel" dans le cadre de la poursuite de rebelles.

Début mars, des responsables du Sud ont fait état de documents qui selon eux détaillaient des livraisons d'armes par le Nord à des milices rebelles dans le Sud, après des affrontements meurtriers au Sud.

Khartoum a fermement rejeté ces accusations, affirmant que les documents étaient des faux.

Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées depuis le référendum de janvier, dans des combats entre la SPLA et des milices rebelles dans l'état de Jonglei et ceux du Haut-Nil et d'Unité, tous deux frontaliers avec le Nord et riches en pétrole.