Soudan: les pays d'Afrique de l'Est dénoncent le mandat d'arrêt kényan contre Bechir

30 novembre 2011 à 12h14 par La rédaction

NAIROBI (AFP) - (AFP)

L'organisation intergouvernementale Igad, qui réunit sept pays d'Afrique orientale, a condamné mercredi le mandat d'arrêt lancé par la justice kényane contre le président soudanais Omar el-Béchir, en application de ceux déjà émis par la Cour pénale internationale.

L'Igad a souligné son soutien à la position de l'Union africaine sur ce dossier, selon laquelle la quête de justice "ne doit pas se faire au détriment de la recherche de la paix".

"Afin que la paix, la stabilité et le développement économique s'imposent dans la région instable qu'est la Corne de l'Afrique, il est impératif que les pays de l'Igad soient en pointe dans les décisions de l'UA à ce sujet", indique un communiqué de l'organisation. "Le mandat d'arrêt émis par la Haute Cour du Kenya entame (cette position) et met en grand danger le fragile processus de paix entamée par l'Igad" au Soudan, poursuit le texte.

L'IGAD regroupe l'Ouganda, la Somalie, l'Ethiopie, Djibouti, le Kenya, le Soudan et, désormais aussi, le tout jeune Soudan du Sud.

Un juge kényan a lancé lundi un mandat d'arrêt contre le président Béchir, suite à une requête de la branche kényane de la Commission internationale des juristes (ICJ Kenya).

Selon cette organisation, le Kenya, ayant ratifié le traité fondateur de la CPI, est dans l'obligation d'interpeller M. Béchir lorsqu'il se trouve sur son territoire, ce qui n'avait pas été le cas lors d'une visite fin août 2010 du président soudanais à Nairobi.

Le gouvernement kényan a toutefois annoncé mardi son intention de faire appel de la décision de la Haute Cour, afin, dit-il, de faire prévaloir le principe d'immunité des chefs d'Etat en exercice contre toute poursuite pénale.

Dans la foulée de l'arrêt lundi, le Soudan a ordonné à l'ambassadeur du Kenya de quitter le pays, et a rappelé le sien à Nairobi. 

Les juges de la CPI avaient délivré le 12 juillet 2010 un mandat d'arrêt contre le président du Soudan pour génocide au Darfour, après avoir lancé le 4 mars 2009 un premier mandat pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Le conflit au Darfour, qui a débuté en 2003, a fait 300.000 morts et 2,7 millions de déplacés, selon l'ONU.Khartoum parle de 10.000 morts.