Soudan: report de l'examen d'amendements pouvant permettre un 3e mandat de Béchir

Par AFP

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Une commission parlementaire soudanaise a repoussé sa première réunion destinée à l'examen d'amendements à la Constitution devant permettre au président Omar el-Béchir de se présenter à un troisième mandat, a rapporté samedi l'agence de presse officielle Suna.

Malgré le mouvement de contestation antigouvernemental qui dure depuis près de deux mois, M. Béchir, 75 ans, envisage de briguer un troisième mandat aux élections de 2020 et a été désigné candidat en août par son parti, le Congrès national (NCP), et ses alliés au Parlement. Pour que le chef de l'Etat, au pouvoir depuis trois décennies, puisse se représenter, la Constitution doit être modifiée puisqu'elle n'autorise que deux mandats de cinq ans.La commission parlementaire formée fin 2018 devait se réunir pour la première fois dimanche mais "la réunion a été repoussée et une nouvelle date devrait être annoncée", selon l'agence Suna qui n'a pas donné d'explications pour ce report.Arrivé au pouvoir en 1989 après un coup d'Etat soutenu par les islamistes, Omar el-Béchir a remporté en 2010 la première élection ouverte à d'autres partis et raflé 94% des voix cinq ans plus tard. Boycottés par l'opposition, ces deux scrutins ont été critiqués par des organisations de défense des droits humains pour leur manque de crédibilité. Le chef de l'Etat avait affirmé qu'il ne se représenterait pas. Les manifestations qui secouent quasi quotidiennement le Soudan depuis le 19 décembre représentent le plus grand défi auquel M. Béchir fait face depuis son arrivée au pouvoir, estiment des experts.Déclenchées par la décision du gouvernement de tripler le prix du pain dans un pays en plein marasme économique, les manifestations se sont vite transformées en contestation du président qui tient le pays d'une main de fer.Selon un bilan officiel, 30 personnes sont mortes depuis le début du mouvement. L'organisation de défense des droits humains Human Rights Watch (HRW) fait état de 51 morts.Depuis le début des troubles, Omar el-Béchir a exclu de démissionner et imputé les violences lors des manifestations à des "conspirateurs"."Il y a une seule voie vers le pouvoir, et c'est celle des urnes. Le peuple soudanais décidera en 2020 qui doit les gouverner", avait-il affirmé mi-janvier.