Soudan: un groupe rebelle dissident se retire des pourparlers de paix

Par AFP

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Une aile dissidente d'un groupe rebelle armé soudanais a annoncé jeudi qu'elle s'était retirée des pourparlers de paix avec le gouvernement, protestant contre le fait que la délégation de Khartoum soit dirigée par le chef d'une force paramilitaire accusée de répression contre les civils.

Le gouvernement de transition du Soudan a signé lundi un accord de paix provisoire avec une aile du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N) de Malik Agar, présent dans les Etats du Kordofan-sud et au Nil Bleu, prévoyant l'intégration de ses combattants dans l'armée soudanaise d'ici novembre 2023, mettant ainsi fin à des décennies de conflit.Mais une faction rivale, dirigée par Abdelaziz al-Hilu, opposée à cet accord, a annoncé jeudi son retrait des pourparlers de paix qui se négocient à Juba (Soudan du Sud). Elle proteste contre le fait que le numéro deux du Conseil militaire au pouvoir au Soudan, Mohamed Hamdan Daglo, dirige la délégation gouvernementale aux pourparlers.M. Daglo est le chef des redoutables Forces paramilitaires de soutien rapide (RSF). Composée d'anciens miliciens arabes du Darfour, cette force a longtemps été accusée par des groupes de défense des droits humains d'avoir commis des exactions généralisées dans les provinces soudanaises du Darfour.Dans un communiqué publié jeudi, le groupe dissident a fait savoir que son équipe de négociation s'est retirée des pourparlers après s'être plainte au sujet de Daglo, sans recevoir de réponse de la part des médiateurs."Nous considérons que les RSF sont hostiles aux citoyens et à la paix. Le commandant des RSF manque d'impartialité et n'est pas qualifié pour diriger l'équipe de négociation" gouvernementale, a déclaré le groupe dissident dans un communiqué, ajoutant qu'il ne reviendrait à la table des négociations que si le gouvernement de transition change le chef de sa délégation.Le gouvernement de transition de Khartoum a fait du processus de paix avec le SPLM-N et d'autres factions rebelles basées dans la vaste région occidentale du Darfour l'une de ses principales priorités. Les groupes rebelles sont en grande partie issus de groupes minoritaires non arabes, et s'opposent depuis longtemps à la domination arabe des gouvernements successifs.Tutkew Gatluak, médiateur en chef des pourparlers et conseiller du président sud-soudanais Salva Kiir, a déclaré plus tôt cette semaine qu'un accord global entre le gouvernement de Khartoum et les quatre groupes rebelles serait signé le 28 août.