Soudan: Washington, Londres et Oslo dénoncent l'appel des militaires au pouvoir à des élections

4 juin 2019 à 23h47 par AFP

AFRICA RADIO

Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la Norvège ont dénoncé mardi l'appel des généraux au pouvoir au Soudan à organiser des élections, après la répression de la contestation ayant fait 40 morts, et ont appelé à une "transition" vers un gouvernement civil.

"Le peuple soudanais mérite une transition dans le calme, menée par des civils, qui puisse établir les conditions pour des élections libres et justes, plutôt que d'avoir des élections hâtives imposées" par le Conseil militaire de transition au pouvoir, ont-ils estimé dans un communiqué commun.Plus de 35 personnes ont été tuées lundi après la dispersion par la force du sit-in des manifestants devant le QG de l'armée à Khartoum, selon un dernier bilan du Comité central des médecins, proche de la contestation."Le nombre de morts comptabilisés dans les hôpitaux (lundi) et (mardi) est de 40", a annoncé cette organisation dans un communiqué."En ordonnant ces attaques, le Conseil militaire de transition a mis en péril le processus de transition et de paix au Soudan", ont indiqué Washington, Londres et Oslo."Nous appelons à un transfert du pouvoir négocié vers un gouvernement civil comme il est exigé par le peuple soudanais", ont dit les trois pays.Le numéro 3 du département d'Etat américain, David Hale et Khaled ben Salmane, fils du roi d'Arabie saoudite et vice-ministre de la Défense, se sont entretenus mardi sur la situation au Soudan, a fait savoir la diplomatie américaine. M. Hale "a rappelé l'importance d'une transition du Conseil militaire de transition à un gouvernement civil en accord avec la volonté du peuple soudanais", a fait savoir Morgan Ortagus, la porte-parole du département d'Etat, dans un communiqué. Le Conseil militaire de transition a dit mardi annuler les mesures sur lesquelles il s'était mis d'accord avec les contestataires et a annoncé la tenue d'"élections dans un délai de neuf mois". Les militaires avaient chassé du pouvoir le président Omar el-Béchir le 11 avril après des mois de manifestations populaires contre son régime autoritaire.