Soudans: l'UA enquête sur les soutiens aux groupes rebelles

Par La rédaction

Khartoum (AFP)

L'Union africaine a annoncé avoir commencé lundi à enquêter sur les plaintes du Soudan et du Soudan du Sud, qui s'accusent mutuellement de soutenir des rebelles armés combattant l'autre partie, ce qui met à mal la sécurité de la région.

L'Union africaine (UA) et une autre institution régionale, l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad) en Afrique de l'Est, ont lancé la commission d'enquête dans la capitale éthiopienne Addis Abeba.

Elle est composée de trois officiers haut gradés, qui se sont mis à la tâche deux semaines avant la date limite fixée par Khartoum au 7 août, pour fermer l'oléoduc transportant du brut sud-soudanais destiné à l'export.

Le Soudan avait menacé début juin de cesser de transporter dans les 60 jours du pétrole sud-soudanais, peu après que la président soudanais Omar el-Béchir a sommé le gouvernement sud-soudanais de cesser de soutenir les rebelles opérant en territoire soudanais.Selon des analystes, cette décision vient en rétorsion à plusieurs attaques rebelles qui ont humilié les autorités soudanaises.

Juba dément soutenir les insurgés et accuse à son tour Khartoum d'aider les rebelles sur son territoire.

Lundi, des pays africains ont également commencé à identifier le tracé d'une zone tampon démilitarisée qui doit courir de part et d'autre des 2.000 km de frontières non délimitées entre les deux pays.

"Coexistence de deux Etats viables"

"Le lancement de ces mécanismes souligne le sérieux avec lequel l'Union africaine et l'Igad se préoccupent des relations entre le Soudan et le Soudan du Sud", a souligné l'UA dans son communiqué.

"Depuis 2010, l'Afrique travaille sans cesse à promouvoir la coexistence de deux Etats viables, et ces accusations mettent en péril cet objectif, et même la paix et la sécurité régionale", estime l'organisation panafricaine.

Le Soudan du Sud est devenu indépendant il y a deux ans, à l'issue d'un référendum organisé dans le cadre du traité de paix mettant fin à plus de deux décennies de guerre civile. 

Le nouveau pays, enclavé, s'est retrouvé avec 75% des réserves pétrolières de l'ancien Soudan unifié, mais aucune infrastructure d'export, les oléoducs et le terminal pétrolier sur la Mer rouge étant côté nord.

Soudan et Soudan du Sud peinent à se mettre d'accord sur les redevances versées par Juba à Khartoum pour l'utilisation de ses infrastructures.

Ces tensions ont entraîné des mois de heurts frontaliers intermittents jusqu'à ce que les deux pays parviennent en mars à une feuille de route pour mettre en �?uvre plusieurs accords sur les redevances pétrolières et d'autres questions, dont celle d'une zone tampon démilitarisée pour empêcher tout soutien aux groupes rebelles.