Standard and Poor's relève sa perspective pour le Nigeria à "positive"

Par La rédaction

LAGOS (AFP) - (AFP)

L'agence de notation Standard and Poor's (S&P) a relevé sa perspective pour le Nigeria de "stable" à "positive" sur la base de réformes "importantes" qui ont été engagées, et confirmé la note du pays le plus peuplé d'Afrique à B+/B, selon un communiqué jeudi.

"Le gouvernement nigérian, sous la présidence de Goodluck Jonathan, a engagé plusieurs réformes importantes et resserre sa politique fiscale et monétaire", remarque S&P.

"Les autorités ont restructuré et renforcé le secteur bancaire et nous nous attendons à ce que la croissance économique demeure forte.Nous révisons notre perspective de stable à positive", annonce l'agence.

Les autorités d'Abuja "prévoient de supprimer une subvention sur le carburant", financée à partir des revenus de l'exploitation pétrolière dans le sud du Nigeria, premier producteur de brut d'Afrique.

"Il s'agit de l'une des réformes importantes promues par le président" de ce pays de 160 millions d'habitants, estime l'agence de notation.

Cette mesure, déjà annoncée par le président Olusegun Obasanjo (1999-2007) fait face à une très forte résistance des syndicats notamment.

Le gouvernement a indiqué avoir dépensé en 2011 au moins 8 milliards de dollars pour ces subventions.

Abuja a en outre l'objectif d'améliorer notamment la "transparence" dans le secteur pétrolier grâce à un nouveau texte de loi qui n'a pas encore été adopté, souligne S&P.

L'économie nigériane dépend largement du pétrole.En 2010, l'exportation d'hydrocarbures a représenté 72% des revenus des comptes courants du pays, selon l'agence.

"Nous confirmons la note B+/B", annonce S&P, expliquant que les notes du Nigeria sont entravées par "les tensions politiques internes", "des institutions politiques faibles", "un niveau faible de développement" ou encore "un manque significatif d'infrastructures".

En revanche, elles sont aussi le reflet notamment d'un niveau d'endettement faible grâce à des annulations de dette en 2005 et 2006

Le pays, qui compte à peu près autant de chrétiens que de musulmans, est secoué par des violences attribuées à une secte islamiste qui font craindre une escalade des violences interconfessionnelles.