Sud-est du Nigeria: cinq membres des forces de sécurité tués

Par AFP

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Au moins cinq membres des forces de sécurité ont été tués dans la nuit de samedi à dimanche par des hommes armés dans le Sud-Est du Nigeria, selon un document interne de la police consulté lundi par l'AFP.

Le Sud-Est du Nigeria connaît une recrudescence d'attaques visant les forces de sécurité, que les autorités attribuent à des membres de l'Ipob (Indigenous People of Biafra), un groupe séparatiste qui milite pour l'indépendance du Biafra.Aux alentours de 23H30, "des hommes armés suspectés d'être membre de l'Ipob", ont attaqué deux barrages dans l'Etat de Rivers, indique ce rapport de la police de l'Etat de Rivers.Ils ont d'abord attaqué un barrage de l'armée dans la ville pétrolière de Port Harcourt, puis un barrage des douanes dans la localité voisine de Isiokpo, selon ce document. "Deux corps calcinés ont été retrouvés au barrage de l'armée quand trois autres ont été découverts à celui des douanes".Plus tôt, le service des douanes du Nigeria avait confirmé que trois de ses agents avaient été tués. Selon plusieurs médias locaux, quatre policiers ont aussi été tués dans ces attaques. Mais la police n'a pas confirmé le décès d'agents et il n'était pas possible de confirmer cette information de source indépendante lundi. Les tensions entre pouvoir central et séparatistes restent fortes dans la région, plus de 50 ans après la fin de la terrible guerre civile du Biafra (1967-1970) qui a fait près d'un million de morts, en majorité issus de l'ethnie locale igbo.Dans l'Etat voisin d'Imo, des hommes armés ont aussi tenté samedi d'incendier la maison du gouverneur et ont tué trois membres des forces de sécurité.La semaine dernière, deux commissariats de deux autres Etats du Sud-Est ont été incendiés et au début du mois, l'attaque spectaculaire d'une prison à Owerri, capitale de l'Etat d'Imo, avait permis à plus de 1.800 détenus de s'évader, la plus grande évasion de l'histoire moderne du Nigeria.L'Ipob avait démenti toute implication dans cette évasion massive.Le mouvement avait publié au début de l'année des vidéos très impressionnantes d'une nouvelle milice, baptisée "Réseau sécuritaire de l'Est" (ESN), dans lesquelles on peut voir des dizaines, voire des centaines de combattants à l'entraînement.