Sud-Soudan: la démarcation de la frontière, conditionnelle au référendum d'indépendance

29 juillet 2010 à 13h42 par La rédaction

KHARTOUM (AFP)

Le référendum d'indépendance du Sud-Soudan ne pourra avoir lieu en janvier prochain, comme prévu, si la frontière entre le nord et le sud du Soudan n'est pas délimitée au préalable, a affirmé jeudi le parti du président soudanais Omar el-Béchir.

"Il s'agit d'une condition pour tous les référendums à travers le monde pouvant mener à la création d'un nouvel Etat souverain", a déclaré à l'AFP Ibrahim Ghandour, un haut responsable du Parti du congrès national (NCP) du président Béchir.

Ce dernier a prévenu que l'absence d'accord sur la démarcation de la frontière entre le Nord et le Sud pouvaient mener à un nouveau conflit ou à la naissance d'un "point chaud".

Le nord et le sud du Soudan ont mis fin en 2005 à plus de deux décennies d'une guerre civile à l'origine de deux millions de morts, un conflit alimenté par des différends politiques, religieux, économiques et ethniques entre ces deux régions.

L'accord de paix global (CPA) ayant scellé la fin de cette guerre prévoit la tenue d'ici le 9 janvier 2011 d'un référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan.

"Il est dans l'intérêt du Sud, plus encore que de celui du Nord, de délimiter la frontière.Et il est dans l'intérêt du Sud-Soudan de délimiter la frontière avant le référendum", a dit à l'AFP Luka Biong Deng, un ténor des ex-rebelles sudistes du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM).

"Mais il ne faut pas confondre ce qui est désirable avec ce qui est conditionnel", a-t-il prévenu, soulignant par là qu'il n'était pas nécessaire de régler l'épineuse question de la frontière Nord-Sud avant la tenue du référendum, même si cela était préférable.

La commission de démarcation de la frontière n'a par ailleurs rien à voir avec la commission responsable d'organiser un référendum à la date prévue par l'accord de paix, a-t-il fait valoir.

Le NCP et le SPLM s'opposent sur cinq lieux précis afin de démarquer l'ensemble de la frontière."Mais nous avons bon espoir d'arriver à un accord d'ici la tenue du référendum", a souhaité M. Ghandour.