Sud-Soudan: la population rend hommage au leader John Garang, mort en 2005

30 juillet 2010 à 12h15 par La rédaction

JUBA (Soudan) (AFP)

Des milliers de Sud-Soudanais ont marché vendredi dans les rues de la capitale régionale Juba pour commémorer le cinquième anniversaire de la mort du chef historique de la rébellion sudiste John Garang, à six mois du référendum clé sur la sécession de cette région.

Une importante foule s'est recueillie sur la tombe de John Garang de Mabior, décédé le 30 juillet 2005 dans le crash de son hélicoptère au retour d'une visite officielle en Ouganda, quelques mois à peine après la signature de l'accord de paix ayant mis fin à 22 ans de guerre civile Nord-Sud.

John Garang, qui militait pour un "nouveau Soudan" laïc, démocratique et au pouvoir décentralisé, est le chef historique du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM).Il était président de la région semi-autonome du Sud-Soudan et vice-président du Soudan au moment de sa mort, qui avait provoqué des émeutes meurtrières à Khartoum, la capitale soudanaise.

L'anniversaire de la mort de John Garang est devenu au Sud-Soudan le "jour des martyrs", en hommage aux Sud-Soudanais tués pendant la guerre civile qui a fait deux millions de morts de 1983 à 2005.

"Ils sont morts pour me défendre.Je vais défendre la cause pour laquelle ils sont morts, la liberté pour tous les sudistes", a dit Biong Deng Biong, un citoyen qui participait à la marche.

"Nous avons beaucoup souffert pendant cette guerre.Nous, les femmes, avons perdu nos époux, nos pères, nos frères", a soufflé une autre citoyenne, Gloria Wende, regardant la procession dans les rues de Juba, où plusieurs personnes affichaient clairement leur appui à l'indépendance.

Les Sud-Soudanais doivent voter en janvier prochain lors d'un référendum d'indépendance qui pourrait aboutir à la partition du Soudan, le plus grand pays d'Afrique.Ce référendum est l'élément cardinal de l'accord de paix signé en 2005 entre le SPLM et le Parti du Congrès national (NCP) du président soudanais Omar el-Béchir.