Surfacturations de l'armée au Niger: un journaliste devant la justice après une enquête

Par AFP

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Le journaliste Moussa Aksar, visé par une plainte pour diffamation au Niger, après une enquête journalistique sur une épineuse affaire de malversations financières au ministère de la Défense, est cité à comparaitre, selon une groupe de journalistes d'investigations.

L'article mis en cause, intitulé "Niger-Malversations au Ministère de la Défense: 71,8 milliards de FCFA (110 millions d'euros) captés par des seigneurs du faux", accuse plusieurs personnes de malversations financières, a rappelé dans un communiqué un groupe de journalistes d'investigation en Afrique de l'Ouest, la Cellule Norbert Zongo (CENOZO).Un particulier, cité comme complice présumé de ces malversations, a déposé plainte.M. Aksar est directeur de publication du journal L'Evénement, où a été publié l'article en septembre 2020, et directeur de la CENOZO.Celle-ci estime que "cette comparution est une manoeuvre d'intimidation du journaliste qui, pendant qu'il menait ses investigations, avait déjà fait l'objet de menaces de mort".La Cellule d'investigation "entend mettre en oeuvre tous les moyens légaux pour assurer la défense" de M. Askar.Plusieurs figures de la société civile, dont Maïkoul Zodi, de Tournons La Page (TLP-Niger), Ali Idrissa et Moussa Tchangari, le dirigeant d'AEC, avaient été incarcérées pendant plusieurs mois à la suite de heurts lors de manifestations autour de l'affaire.L'affaire des surfacturations a fait grand bruit au Niger après la diffusion sur les réseaux sociaux d'extraits d'un rapport d'audit sur ces irrégularités, selon lesquels elles ont causé "un manque à gagner" de plus de 76 milliards FCFA (plus de 115 millions d'euros) pour l'Etat entre 2017 et 2019.Les surfacturations représentent 48,3 milliards FCFA (66 millions d'euros) et les montants pour le matériel non livré s'élèvent à 27,8 milliards FCFA (42 millions d'euros), selon ces extraits d'un rapport provisoire. La justice avait annoncé le 8 avril ouvrir une enquête sur l'affaire qui a éclaté en février. Fin février, le gouvernement avait annoncé qu'un audit demandé par le président Mahamadou Issoufou avait révélé des surfacturations ainsi que des livraisons non effectuées à l'armée, qui combat depuis 2015 les jihadistes dans le sud-est et l'ouest du pays. Le scandale a d'autant plus choqué l'opinion qu'entre décembre 2019 et janvier 2020, près de 200 soldats nigériens venaient d'être tués dans des attaques jihadistes dans l'Ouest.Fin décembre, plusieurs ONG nigériennes avaient déposé plainte dans cette affaire.