Swaziland: 2 opposants poursuivis pour détention illégale d'explosifs

18 avril 2011 à 10h18 par La rédaction

MBABANE (Swaziland) (AFP)

Deux opposants arrêtés mercredi lors des manifestations pro-démocratie au Swaziland sont poursuivis pour possession illégale d'explosifs, a indiqué la police lundi.

"Les hommes ont été arrêtés lors de nos opérations de la semaine dernière", a indiqué à l'AFP le porte-parole de la police swazie, Steven Dlamini, refusant de précisé de quels explosifs il s'agit.

Selon le procès verbal transmis à la justice, Maxwell Dlamini, président de l'Union nationale des étudiants du Swaziland et Musa Mgudeni, un membre du groupe d'opposition interdit Pudemo, étaient en possession de six détonateurs, deux bâtons d'explosifs, deux mèches et deux cordons de mise à feu.

Les deux hommes ont été arrêtés mercredi alors que la police faisait tout pour empêcher des opposants de manifester contre le régime du roi Mswati III.

"Nous ne pouvons exclure que la police ait placé elle-même" les explosifs, a estimé Sikela Dlamini, un militant qui a pu visiter les deux hommes dimanche.

"Maxwell Dlamini admet avoir été en possession du sac dans lequel les explosifs ont été trouvés, mais il nie en avoir connu le contenu.Quelqu'un lui a donné le sac", a-t-il dit à l'AFP.

Themba Mabuza, un autre membre du Pudemo qui a été arrêté avec Maxwell Dlamini avant d'être libéré, affirme qu'ils ont été torturés en prison.

Les policiers "nous ont menottés et nous ont fait allonger sur des bancs.Puis ils nous ont recouvert la tête d'un sac en plastique.Un flic s'est assis sur nos ventres, on ne pouvait plus respirer", a-t-il raconté à l'AFP.

La police et l'armée swazies ont étouffé dans l'oeuf deux journées d'action, mardi et mercredi, en arrêtant les opposants, en bloquant les accès à Manzini (centre) --la principale ville du royaume où étaient prévus les défilés--, et en brutalisant les quelques manifestants qui s'étaient risqués dans les rues, surtout des enseignants et des étudiants.

Le roi Mswati III, âgé 42 ans, exerce depuis ses 18 ans un pouvoir sans partage sur le Swaziland, un pays extrêmement pauvre coincé entre l'Afrique du Sud et le Mozambique.