Tanzanie: des dirigeants de l'opposition, arrêtés après les élections, relâchés

3 novembre 2020 à 16h58 par AFP

AFRICA RADIO

Les dirigeants de l'opposition en Tanzanie, arrêtés ces derniers jours après avoir appelé à manifester contre les résultats des élections générales du 28 octobre, ont tous été relâchés sous caution, a annoncé mardi le principal parti de l'opposition, le Chadema.

Depuis dimanche soir, ces dirigeants qui dénonçaient des fraudes massives après la victoire écrasante du président sortant John Magufuli à la présidentielle et de son parti aux législatives, avaient été interpellés par la police.Parmi eux, Tundu Lissu, candidat malheureux du Chadema à la présidentielle (13,03% des voix), avait été libéré sous caution dès lundi, après deux heures d'interrogatoire. La police a indiqué avoir transmis son dossier au Parquet en vue de poursuites judiciaires."Le président du Chadema Freeman Mbowe et les membres du comité central Godbless Lema et Boniface Jacob ont été libérés sous caution" mardi, a annoncé le Chadema sur son compte Twitter.Une autre figure de l'opposition, Zitto Kabwe, chef du parti ACT-Wazalendo, arrêté mardi alors qu'il rendait visite à Freeman Mbowe dans un commissariat de la capitale économique Dar es Salaam, a également été remis en liberté sous caution, a annoncé sur Twitter le secrétaire général du Chadema John Mnyika.Dans un communiqué publié lundi, Zitto Kabwe avait appelé à la formation d'un panel de leaders africains afin qu'ils enquêtent sur les "irrégularités de grande ampleur" qui ont émaillé les élections selon lui.Avant son arrestation, la police avait indiqué rechercher Zitto Kabwe, mais aussi Halima Mdee, députée Chadema battue le 28 octobre et présidente de la branche féminine du parti.Le Chadema et ACT-Wazalendo ont rejeté les résultats de la présidentielle et des législatives, remportées par John Magufuli, réélu avec 84,39% des voix, son parti, le CCM, au pouvoir sans discontinuer depuis l'indépendance, raflant la quasi-totalité des 264 sièges en jeu aux législatives.Après cette vague d'arrestations, aucun rassemblement de l'opposition n'a été signalé en Tanzanie, pays où la loi ne permet pas de contester en justice les résultats de l'élection présidentielle.Le premier mandat de M. Magufuli, élu en 2015, a été caractérisé par un net recul des libertés fondamentales et une multiplication des attaques contre l'opposition, selon les organisations de défense des droits de l'Homme.Mardi soir, l'ambassadeur américain en Tanzanie Donald Wright a salué la libération des dirigeants de l'opposition."Maintenant, John Magufuli devrait prendre de nouvelles mesures pour apaiser les tensions et restaurer la foi en la démocratie tanzanienne. Libérez tous les prisonniers politiques, enquêtez sur les irrégularités des élections et rétablissez internet", a-t-il écrit sur Twitter. str-md/ayv/stb