Tanzanie: des ONG dénoncent une bastonnade infligée à des élèves

3 octobre 2019 à 14h04 par AFP

AFRICA RADIO

Les principales organisations tanzaniennes de défense des droits de l'homme ont dénoncé jeudi une bastonnade infligée à des élèves d'une école secondaire, qui avaient été surpris en possession de téléphones portables dans leur internat.

Le port de téléphones portables est interdit aux élèves dans les écoles tanzaniennes.Sur une vidéo devenue virale sur internet, on voit le gouverneur de la région de Mbeya (sud), Albert Chalamila, infliger des coups de baguette à 14 adolescents en uniforme scolaire étendus sur le sol, devant leurs collègues, des policiers et des enseignants.On entend par ailleurs certains professeurs encourager le responsable administratif pendant qu'il assène trois coups à chacun des élèves."Nous condamnons ce geste cruel. Punir par le fouet constitue un acte cruel et dégradant. Nous condamnons cet abus de pouvoir du gouverneur de province. La personne habilitée à punir un élève est le responsable de l'école", a réagi sur twitter l'avocate Anna Henga, directrice exécutive du Centre juridique et des droits de l'homme (LHRC)."Ce qu'a fait Monsieur Chalamila est non seulement un abus de pouvoir mais aussi une infraction pénale", a renchéri Onesmo Olengurumwa, coordinateur de la Coalition tanzanienne des défenseurs des droits de l'homme (THRDC).En août 2018, un élève de 13 ans avait succombé aux coups infligés par son maître d'école, dans la province de Kagera, dans le nord du pays. Sa mort avait relancé le débat sur les châtiments corporels encore en vigueur dans le système éducatif de la Tanzanie.Les châtiments corporels sont encadrés par un texte de 1979 qui autorise uniquement les coups sur les mains ou les fesses d'un élève à l'aide d'une baguette légère et souple. Le texte précise qu'un élève peut être châtié seulement s'il a commis une faute grave. De plus, seuls les directeurs d'écoles sont habilités à le faire."En tant que défenseurs des droits de l'homme, nous sommes contre les punitions corporelles car elles sont humiliantes et ont souvent entraîné des invalidités, voire décès d'élèves. Il faut certes punir, mais il y a d'autres façons de le faire", a ajouté M. Olengurumwa, joint au téléphone par l'AFP.Dans un rapport publié en février 2017, l'organisation Human Rights Watch (HRW) avait appelé les autorités tanzaniennes à bannir les sanctions corporelles après avoir constaté que cette "pratique répandue, (...) qui prend souvent des formes brutales et humiliantes dans les écoles tanzaniennes, affecte également la fréquentation scolaire".