Tanzanie: le projet controversé de route à travers le Serengeti reste à l'étude

24 septembre 2010 à 13h18 par La rédaction

DAR ES SALAAM (AFP)

Le gouvernement tanzanien a annoncé la création d'un groupe de travail chargé de le conseiller sur son projet controversé de construction d'une route traversant le parc national du Serengeti, (nord) au risque de détruire un des derniers sanctuaires de vie sauvage de la planète.

"Nous avons constitué un groupe de travail pour étudier le dossier et soumettre ses conclusions au président (Jakaya Kikwete) dès que possible", a indiqué jeudi soir à la presse le numéro deux du ministère du Tourisme, Ladislaus Komba.

"A ce stade, le gouvernement n'a pas changé de position à propos de cette route", a ajouté le haut fonctionnaire, qui n'a pas précisé la composition du groupe de travail.

Le projet de construction, à partir de 2012, d'une route de 50 km à travers le parc national, classé au patrimoine mondial de l'Humanité de l'Unesco, vise à relier le lac Victoria (nord-ouest) à Arusha, plus à l'est.Il permettrait ainsi de réaliser le vieux projet d'une voie de communication économique entre l'Ouganda, le Rwanda, le Burundi et la RDCongo d'un côté, la côté est de la Tanzanie, au bord de l'Océan Indien, de l'autre.

Mais un tel projet "provoquera un désastre environnemental", ont prévenu 27 experts internationaux en biodiversité, dans une tribune publiée ce mois-ci dans la revue scientifique Nature.

La route couperait le chemin de migration emprunté chaque année par 1,3 million de gnous, dont la population risquerait de tomber à moins de 300.000, provoquant une dégradation des prairies et menaçant la survie des prédateurs (lions, guépards, lycaons) selon les défenseurs de l'environnement.

Les mouvements de gnous entre la Tanzanie et le Kenya voisin -- le Serengeti et le parc du Massaï Mara, du côté kényan de la frontière, constituent un même écosystème -- représentent une des dernières grandes migrations animales à avoir subsisté à ce jour.

Le président tanzanien Kikwete -- qui se prépare à des élections générales le 31 octobre -- défend le projet au nom de ses répercussions économiques.Les signataires de la tribune dans Nature proposent un autre tracé, contournant le Serengeti par le sud, au prix d'une rallonge de 50 km.