Tanzanie: tollé après les propos de Magufuli sur les prisonniers

Par AFP

AFRICA RADIO

L'ordre donné samedi par le président tanzanien John Magufuli de faire travailler les prisonniers "jour et nuit" et de leur asséner "des coups de pied" s'ils font preuve de paresse a provoqué lundi un tollé parmi les organisations de défense des droits de l'Homme.

"Toutes les personnes privées de leur liberté doivent être traitées avec humanité et dans le respect inhérent à la dignité de la personne humaine", a déclaré Amina Hersi, membre du bureau est-africain d'Amnesty International.Donner des coups de pieds aux prisonniers serait, si cela était mis en oeuvre, "un traitement cruel, inhumain ou dégradant", a poursuivi la militante des droits de l'Homme.Elle a ajouté que les prisonniers devaient travailler un nombre d'heures normales et a critiqué le manque de tolérance du président Magufuli envers les homosexuels.Lors de son discours radiotélévisé samedi, le président tanzanien a affirmé que le manque d'activité des prisonniers favorisait la consommation de drogue et l'homosexualité.Les propos du chef de l'Etat ont également été vivement critiqués en Tanzanie."Battre des prisonniers est une violation des droits de l'Homme et aucune disposition dans les lois ou conventions n'autorise à maltraiter les prisonniers", a réagi le coordonnateur de la Coalition des défenseurs tanzaniens des droits de l'Homme, Onesmo Ole Nguruma, cité par le journal The Citizen."La convention contre la torture (que la Tanzanie n'a pas ratifiée, NDLR) interdit la torture contre toute personne, y compris les prisonniers", a renchéri auprès du même journal la directrice exécutive du Centre juridique et des droits de l'Homme, Anna Henga."Si nous continuons à nous taire face à des discours de ce genre, même le droit à la vie risque d'être considéré comme une faveur", a réagi sur le blog JamiiForums le journaliste indépendant Pascal Mayalla.Depuis son accession au pouvoir en 2015, le président Magufuli a été critiqué par des organisations de défense des droits de l'homme et de la société civile pour son autoritarisme, ses détracteurs l'accusant de réprimer l'opposition et la liberté d'expression.