Tchad: des défenseurs des droits de l'Homme s'inquiètent d'un "accaparement du pouvoir"

Par AFP

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Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme, dont la FIDH, ont fait part vendredi de leurs "inquiétudes" face à la situation politique au Tchad, où le fils du défunt président Idriss Déby a pris la tête d'un conseil militaire de transition.

"Nos organisations expriment leurs vives inquiétudes face à ce qui semble davantage s'apparenter à l'organisation d'une succession pour la poursuite de l'accaparement du pouvoir", indiquent la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), la Ligue des droits de l'Homme (LDH) ainsi que la Ligue tchadienne des droits de l'Homme, dans un communiqué commun. "Depuis trois jours, c'est bien un coup d'État qui démantèle le système institutionnel et législatif tchadien. La mise en place d'un comité de transition exclusivement composé de militaires et les premières décisions imposées sans dialogue politique inclusif ne sont pas des signaux rassurants", ajoute Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH.Mahamat Idriss Déby, général quatre étoiles de 37 ans et jusqu'alors commandant de la puissante Garde républicaine, est le nouvel homme fort du Tchad, entouré de 14 généraux, après la mort de son père, lundi, dans des combats contre des rebelles. Peu avant les funérailles vendredi, la France et les pays du G5 Sahel avaient assuré au jeune général Déby leur "soutien commun au processus de transition civilo-militaire pour la stabilité de la région", a fait savoir la présidence française.Le G5 Sahel (Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Tchad et Niger) ont formé une force militaire soutenue par Paris pour combattre les jihadistes dans la région."La France ne laissera jamais personne, ni aujourd'hui, ni demain, remettre en cause la stabilité et l'intégrité du Tchad", a promis dans son oraison funèbre le président français Emmanuel Macron qui assistait vendredi aux funérailles d'Idriss Déby à N'Djamena. En France, la présence du président Macron vendredi, assis aux côtés du nouvel homme fort du pays, a fait réagir Jean-Luc Mélenchon, le patron de la France insoumise (gauche radicale). "Consternantes images néocoloniales au #Tchad. Pas en notre nom ! Non au putch (sic). Démocratie tout de suite", a-t-il tweeté.