Tchad: pour ses 20 ans au pouvoir, Deby prône réconciliation et pardon

1er décembre 2010 à 16h28 par La rédaction

ATI (Tchad) (AFP)

Le président tchadien Idriss Deby, en célébrant mercredi à Ati (centre) ses 20 ans au pouvoir, a prôné "la réconciliation" et le pardon afin de faire entrer le Tchad dans "la modernité", a constaté un journaliste de l'AFP.

"Seule la réconciliation des Tchadiens et Tchadiennes fera entrer notre pays dans la modernité", a déclaré le président Deby, dans un discours à la Nation depuis cette ville située à plus de 400 km au nord-est de N'Djamena.

"Il faut que les enfants de ce pays meurtri par tant d'années de souffrances se pardonnent, oublient les dures épreuves que chacun de nous a subies au plus profond de lui-même", a-t-il dit devant des milliers de personnes.

"Arrêtons, arrêtons de détruire notre pays, frères et soeurs, donnons-nous la main pour réaliser une réconciliation nationale franche et sincère car nous aspirons tous à la paix.(...) Le 20e anniversaire marque la fin de cette aventure désastreuse pour la Nation" et "ouvre la porte à un nouvel ordre de société", a-t-il dit.

"Dans ce nouveau Tchad, il n'y aura plus de place pour les brebis galeuses de l'administration.L'autorité de l'Etat, l'application stricte des lois et règlements, l'orthodoxie administrative et financière, doivent prévaloir sur toutes autres considérations.Toutes les mesures seront prises pour l'amélioration du climat des affaires", a-t-il promis.

Idriss Deby est arrivé au pouvoir par les armes en 1990, après la fuite d'Hissène Habré dont il avait été le conseiller militaire.Elu pour la première fois en 1996, il a été réélu en 2001.En 2006, il a été reconduit grâce à une modification de la Constitution.

La prochaine élection présidentielle au Tchad doit avoir lieu en 2011.le premier tour a été programmé le 3 avril.

Depuis janvier, le pays a engagé avec son voisin, le Soudan, un processus de normalisation de leurs relations après cinq ans de guerres par rébellions interposées.En gage de bonne foi, chacun a expulsé récemment des chefs de mouvements armés hostiles à son voisin.