Timide soutien de la SADC au Mozambique sous la menace jihadiste

Par AFP

AFRICA RADIO

Les pays de la Communauté de développement des pays d'Afrique australe (SADC) ont exprimé lundi un timide soutien au Mozambique, quelques jours après la prise d'un port important du nord du pays par la guérilla jihadiste.

Réunis en vidéoconférence pour cause de pandémie de coronavirus, les chefs d'Etat des pays de la SADC ont "salué le pays pour les efforts continus qu'il déploie pour lutter contre le terrorisme et les attentats violents".Pour la troisième fois cette année, des islamistes radicaux affiliés au groupe Etat islamique (EI) ont attaqué la semaine dernière la petite ville de Mocimboa da Praia, dans la province du Cabo Delgado, et se sont emparés de son port, indispensable à l'immense projet de d'exploitation gazière de la région.Ce groupe multiplie depuis près de trois ans dans cette province très pauvre à majorité musulmane les attaques meurtrières, qui ont fait plus de 1.500 morts et de 250.000 déplacés.Malgré des renforts militaires et, plus récemment, le recours à des mercenaires étrangers, le gouvernement du président Filipe Nyusi n'est pas parvenu à ramener l'ordre.Ses voisins ont exprimé lundi leur "solidarité de la SADC et l'engagement de cette dernière à soutenir le Mozambique dans son combat contre le terrorisme et les attentats violents".Malgré les risques d'extension du conflit à d'autres pays de la région, ils se sont pour l'heure refusés à y intervenir militairement, comme il l'avaient pourtant fait en 2017 dans le petit royaume du Lesotho.M. Nyusi a pris lundi la présidence tournante de la SADC.L'insurrection jihadiste menace de retarder le coup d'envoi de l'exploitation des gigantesques réserves sous-marine de gaz situées au large du Cabo Delgado, un des plus gros investissements en Afrique auquel participent les groupes français Total et américain Exxon Mobil.