Togo: le général Assani Tidjani nie avoir fomenté un coup d'Etat en 2009

Par La rédaction

LOME (AFP) - (AFP)

L'ancien chef d'Etat major des forces armées togolaises (FAT) et ancien ministre de la Défense, le général à la retraite Assani Tidjani, inculpé dans l'affaire de coup d'Etat déjoué d'avril 2009 au Togo, a nié jeudi devant la Cour suprême les faits qui lui sont reprochés.

"Je ne reconnais pas les faits qui me sont reprochés.Je n'ai jamais dit que j'en veux au président de la république.C'est vraiment malheureux", a déclaré le général Tidjani.

Chef d'Etat-major des FAT entre 1997 et 1999, le général Tidjani a été également ministre de la Défense et des anciens combattants de 2000 à 2005, toujours sous le régime du général Gnassingbé Eyadéma, décédé en février 2005 après avoir régné d'une main de fer durant 38 ans.

Les circonstances de ce putsch présumé, alors que le président s'apprêtait à se rendre en Chine, restent obscures.

"Celui qui veut tuer son chien, l'accuse de rage.Je n'étais pas à Lomé en avril.J'étais à Abuja", a souligné le général Tidjani.

Le demi-frère du président togolais Faure Gnassingbé, Kpatcha Gnassingbé, cerveau présumé de ce pustch, rappelé à la barre pour quelques minutes de confrontation avec le général Tidjani, a affirmé avoir été déjà "manipulé" entre 2007 et 2008 par cet officier qui lui avait remis une clé USB contenant un "plan d'attaque".

"Le général m'avait manipulé entre 2007 et 2008 en me remettant une clé USB contenant un plan d'attaque.J'avais informé le chef de l'Etat et l'affaire était même portée à la connaissance de l'ex-président gabonais, feu Omar Bongo.Mais ce dossier est bien différent de l'affaire de tentative de coup d'Etat qui nous a amenés ici", a souligné Kpatcha Gnassingbé.

L'ex-chef d'Etat major n'a pas reconnu avoir remis une clé USB à Kpatcha Gnassingbé.

"Je ne lui ai jamais remis une clé USB et je n'ai jamais rédigé un plan d'attaque", a-t-il affirmé.

Trente-deux civils et militaires sont jugés dans ce procès qui s'est ouvert le 1er septembre, parmi lesquels un autre demi-frère du chef de l'Etat, Essolizam Gnassingbé.

Mercredi, Kpatcha Gnassingbé a dénoncé une "machination pure et simple" et nié les faits qui lui sont reprochés.

"Je ne reconnais pas les faits.Cette affaire de coup d'Etat est une machination pure et simple", avait-il déclaré.

Ancien ministre de la Défense âgé de 41 ans, il est l'un des nombreux fils du général Gnassingbé Eyadema qui régna d'une main de fer sur le Togo pendant 38 ans.

Il est accusé d'avoir voulu renverser Faure Gnassingbé, à la tête du pays ouest-africain de 6,7 millions d'habitants depuis la mort de leur père en 2005.

Dans la nuit du 12 au 13 avril 2009, un raid avait été mené contre le domicile de Kpatcha Gnassingné à Lomé, officiellement pour arrêter des personnes soupçonnées d'"atteinte à la sûreté de l'Etat".

Il avait été arrêté le 15 devant l'ambassade américaine où il tentait de trouver refuge.Deux jours plus tard, le président, qui n'a jamais cité le nom de son demi-frère dans cette affaire, a remercié des "pays étrangers et amis" pour avoir prévenu Lomé "de l'imminence" du coup d'Etat.

Au total 24 des inculpés ont désormais été entendus et tous ont nié leur responsabilité.

Poursuivis pour "tentative d'attentat contre la sûreté de l'Etat, groupement de malfaiteurs, rébellion, violences et complicité", ils encourent jusque la prison à perpétuité.