Togo: le gouvernement interdit les manifestations de l'opposition

Par AFP

AFRICA RADIO

Le gouvernement togolais a interdit les manifestations annoncées par l'opposition, invoquant le "risque très élevé de troubles graves à l'ordre public", alors que la campagne électorale pour les législatives du 20 décembre a démarré mardi.

Les 14 partis de la principale coalition d'opposition, qui n'ont pas présenté de listes et dénoncent des "irrégularités", ont appelé mercredi à de nouvelles manifestations, pendant une dizaine de jours entre le 8 et le 18 décembre, pour exiger l'arrêt du processus électoral."Vous avez publiquement indiqué à plusieurs reprises, votre volonté d'empêcher par tous les moyens la tenue des élections législatives du 20 décembre", a affirmé mercredi soir le ministre de l'Administration territoriale Payadowa Boukpessi, dans un courrier consulté par l'AFP.Pour M. Payadowa, le risque que les caravanes et cortèges de la coalition de l'opposition "se heurtent à ceux des partis engagés dans la campagne électorale demeure par conséquent fort probable (...) Ce qui conduirait à un risque très élevé de troubles graves à l'ordre public".L'opposition a aussitôt réagi jeudi matin, assurant que les manifestations étaient maintenues."Le ministre n'a pas à interdire nos manifestations, parce que le code électoral nous autorise en tant que partis politiques légalement constitués à faire campagne. Nous nous en tenons à ce que nous avons prévu", a réagi sur une radio locale Brigitte Adjamagbo Johnson, coordinatrice de la coalition.La coalition réclame notamment des réformes constitutionnelles pour permettre la limitation des mandats présidentiels et pour ce qui est des législatives, la recomposition du bureau de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) et la reprise de toutes les activités déjà menées par cette institution.Le pays traverse une grave crise politique depuis plus d'un an, avec des manifestations massives pour réclamer la démission du président Faure Gnassingbé. Ce dernier a succédé en 2005 à son père qui avait dirigé le Togo d'une main de fer pendant 38 ans.Les Eglises évangéliques, presbytériennes et méthodistes du Togo ont appelé mercredi à un "report de quelques mois" de ces élections, dénonçant "les conditions non consensuelles" dans lesquelles est organisé le scrutin.