Trafic d'espèces: un colonel de la gendarmerie camerounaise interdit d'entrée aux USA

Par AFP

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L'inspecteur général de la gendarmerie camerounaise, le colonel Jean-Claude Ango Ango, est interdit d'entrée aux Etats-Unis en raison de son implication dans un trafic d'espèces sauvages, annonce une note du Département d'Etat diffusée mercredi à la presse par l'ambassade américaine à Yaoundé.

"Le secrétaire d'État (américain) désigne publiquement l'inspecteur général de la gendarmerie camerounaise, le colonel Jean-Claude Ango Ango, en raison de son implication dans une corruption importante liée au trafic d'espèces sauvages", indique la note, sans fournir de précisions sur les faits précis imputés à l'officier, ni sur les animaux braconnés."Dans les cas où le secrétaire d'État dispose d'informations crédibles selon lesquelles des fonctionnaires de gouvernements étrangers ont été impliqués dans une corruption grave ou une violation flagrante des droits humains, ces personnes et les membres de leur famille immédiate ne peuvent entrer (aux États Unis)", ajoute l'administration américaine.L'épouse du colonel, Engono Akomo, est également concernée par cette accusation et se voit aussi interdire l'entrée aux Etats-Unis."L'action d'aujourd'hui envoie un signal fort indiquant que les États-Unis sont déterminés à lutter contre la corruption et le crime transnational que constitue le trafic d'espèces sauvages pour préserver les espèces emblématiques de notre planète", conclut le Département d'Etat.Des ONG locales ont déjà dénoncé l'implication de membres de l'armée camerounaise dans le braconnage de la faune sauvage.Fin 2017, plus de 200 défenses d'ivoire, ainsi que plus de 80 queues d'éléphants, transportées dans le véhicule d'un colonel de l'armée, avaient été saisies dans une localité de l'est du Cameroun.Trois ans plutôt, 185 pointes d'ivoire avaient été aussi interceptées dans un véhicule militaire.Le trafic d'animaux sauvages est continu dans les pays d'Afrique centrale. Il est le fait d'organisations structurées, parfois commanditées de l'étranger, mais tout autant de braconniers locaux qui arrondissent ainsi leurs maigres revenus.