Dépêches AFP

Trois militants de pays de la Cédéao interdits d'entrer au Togo (Amnesty)

15 octobre 2019 à 18h15 Par AFP
L'ONG Amnesty International a dénoncé mardi "l'interdiction" faite par les autorités togolaises à trois militants ressortissants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) d'entrer dans le pays. Les autorités ont interdit lundi à des membres du collectif Tournons la Page (TLP), Maikoul Zodi, Karim Tanko et Alexandre Didier Amani, d'entrer dans le pays pour un événement réunissant d'autres organisations de la société civile, selon l'ONG.Tournons la Page compte des membres venant de neuf pays. Le Togo devait devenir le dixième ce mardi avec l'adhésion officielle du Front citoyen Togo debout (FCTD) et de la Synergie de l'intelligentsia pour des actions en faveur des droits de l'Homme (Siadh), des associations de défense des droits de l'homme très actives au Togo."Cette inacceptable interdiction montre jusqu'où les autorités togolaises sont prêtes à aller pour s'opposer à tout suivi indépendant de la situation des droits humains", a dénoncé Marceau Sivieude, directeur régional adjoint pour l'Afrique de l'Ouest et centrale à Amnesty.Ces trois militants, a-t-il dit, "doivent jouir de leur liberté de circulation dans l'espace communautaire d'Afrique de l'Ouest"."Cette interdiction qui leur est faite s'inscrit dans un contexte socio-politique tendu à quelques mois de l'élection présidentielle qui pourrait permettre au président sortant Faure Gnassingbé (...) de briguer un quatrième mandat", a-t-il poursuivi.Le gouvernement n'a pas commenté cette information dans l'immédiat.Début mai, les députés togolais avaient voté une révision constitutionnelle qui permet non seulement au président Faure Gnassingbé - au pouvoir depuis 2005 - de se représenter en 2020 et 2025, mais de bénéficier d'une immunité à vie "pour les actes posés pendant les mandats présidentiels".Cette mesure fait suite à une grave crise politique qui a secoué le pays en 2017-2018, avec de grandes manifestations populaires lourdement réprimées par le pouvoir.La présidentielle prévue début 2020 fait craindre de nouveaux débordements, malgré une récente loi qui restreint les manifestations.