Trois Tchadiens enlevés par Boko Haram apparaissent dans une vidéo

27 février 2020 à 16h36 par AFP

AFRICA RADIO

Trois Tchadiens membres du personnel d'un hôpital --le médecin-chef, un infirmier et leur chauffeur-- kidnappés il y a quatre mois par le groupe jihadiste Boko Haram dans l'ouest du Tchad, sont apparus dans une vidéo non datée authentifiée jeudi par les autorités.

C'était la première fois que le groupe, originaire du Nigeria voisin, prenait des otages travaillant pour l'Etat tchadien, selon les autorités locales. C'est également la première fois qu'il enlève du personnel médical, selon les mêmes sources.Boko Haram a multiplié ces derniers mois attaques et enlèvements de villageois dans le bassin du lac Tchad, une vaste étendue d'eau et de marécages truffée d'îles qui abritent des repaires de jihadistes, aux confins du Tchad, du Niger, du Nigeria et du Cameroun.La vidéo de 6 minutes a été transmise à l'AFP à Lagos par le canal habituel utilisé par le groupe jihadiste.Elle montre bien les trois Tchadiens enlevés le 30 octobre, a assuré à l'AFP le Secrétaire général de la province du Lac, Sadick Khatir. Une information confirmée par un responsable des autorités provinciales, qui a requis l'anonymat.Assis devant le drapeau de Boko Haram, les trois hommes, qui parlent manifestement sous la contrainte, appellent le président Idriss Déby Itno à oeuvrer pour leur libération.C'est la première fois qu'une vidéo montrant des otages tchadiens de Boko Haram est rendue publique, selon les autorités locales. Rien ne permet de dater cette vidéo, ni de savoir dans quel pays elle a été tournée."Nous avons eu connaissance de cette vidéo il y a un certain temps déjà. Elle a été exploitée par nos services de renseignements, qui l'ont authentifiée", a ajouté le responsable provincial.L'insurrection de Boko Haram, qui a débuté en 2009 dans le nord-est du Nigeria, et sa répression par l'armée, ont fait quelque 35.000 morts et près de 2 millions de déplacés en dix ans dans ce pays, selon l'ONU. Le groupe jihadiste a étendu son action au Niger, au Tchad et au Cameroun voisins.Depuis 2015, les pays de la région luttent contre ces jihadistes au sein de la Force multinationale mixte (FMM), une coalition régionale engagée autour du lac Tchad avec l'aide de comités de vigilance composés d'habitants.