Tunisie: l'ambassadeur de France remplacé après les erreurs de la diplomatie

Par La rédaction

PARIS (AFP)

L'ambassadeur de France en Tunisie, Pierre Ménat, va être remplacé par son homologue en poste à Bagdad, Boris Boillon, a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement François Baroin, alors que l'attitude de Paris face à la révolution tunisienne a été très critiquée.

Cette nomination a été décidée mercredi matin lors de la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, a dit M. Baroin, confirmant une information obtenue par l'AFP auprès d'une source proche du dossier et diffusée auparavant par le site internet du journal Le Monde.

"Un nouvel ambassadeur de France a effectivement été nommé en Tunisie, c'est un diplomate de grande valeur (...) qui a fait ses preuves dans le poste qu'il exerçait précédemment", a déclaré François Baroin lors de son point de presse rendant compte des travaux du Conseil.

Boris Boillon, 41 ans, en poste à Bagdad depuis 2009, "a toute la sensibilité naturelle pour correspondre à la nouvelle ère qui s'ouvre désormais dans les relations franco-tunisiennes", a-t-il estimé.

Il a par ailleurs souligné que le Premier ministre François Fillon, conformément à la demande du président Nicolas Sarkozy, avait présenté des "propositions susceptibles d'aider les autorités constitutionnelles tunisiennes (...), notamment en matière de mise en place de la démocratie et de l'Etat de droit" en Tunisie.

"Vous savez que nous avons une grande tradition de juristes", a-t-il noté.

"Nous sommes également à la disposition de Tunis pour tout ce qui concerne les missions d'observation électorale", a poursuivi François Baroin, citant encore les domaines de la lutte contre la corruption, de la modernisation de l'économie, et les relations culturelles et artistiques.

La France a été sévèrement critiquée pour avoir tardé à soutenir les aspirations démocratiques du peuple tunisien.Ce n'est qu'après la chute de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier que Paris a explicitement appuyé le soulèvement populaire.

Lundi, le président Sarkozy avait admis que la France avait "sous-estimé (les) aspirations du peuple tunisien à la liberté".