Tunisie: quatre ans de prison ferme pour le journaliste Fahem Boukadous

6 juillet 2010 à 19h27 par La rédaction

TUNIS (AFP)

Fahem Boukadous, correspondant de la chaîne satellitaire Al-hiwar Ettounsi (le dialogue tunisien) a été condamné mardi en son absence à quatre ans de prison ferme pour "diffusion d'information de nature à troubler l'ordre public", a-t-on appris auprès de son avocat.

Le tribunal d'appel de Gafsa (sud) a confirmé le verdict de première instance pour "appartenance à une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens" et pour "diffusion d'information de nature à troubler l'ordre public".

"Ce verdict a été prononcé dans des conditions anormales, puisque mon client est toujours hospitalisé et risque à tout moment d'être emprisonné", a indiqué à l'AFP, son avocat Mohamed Abbou.

Contacté par l'AFP, Fahem Boukadous a déclaré qu'il s'attendait à être arrêté d'une minute à l'autre" faisant assumer aux autorités tunisiennes une dégradation de son état de santé.

"Mon transfert en prison veut dire ma mort", a ajouté le journaliste, hospitalisé depuis le 3 juillet dernier à Sousse au centre de Tunis pour insuffisance respiratoire et infection dans les poumons, selon lui.

Pour ses avocats et des ONG, Fahem Boukadous, a été condamné pour avoir couvert les manifestations populaires du bassin minier de Gafsa en proie en 2008 à l'agitation sur fond de chômage, cherté de la vie, corruption et clientélisme.