Tunisie: un parti allié des islamistes gèle sa participation à la Constituante

7 novembre 2013 à 12h16 par La rédaction


Tunis (AFP)

Le parti Ettakatol, un parti laïc allié des islamistes au pouvoir en Tunisie, a annoncé jeudi la suspension de sa participation aux travaux de l'Assemblée nationale constituante (ANC) pour protester contre des amendements au règlement intérieur de la chambre.

"En attendant les résultats des consultations et pourparlers (entre les partis politiques), le bureau exécutif d'Ettakatol a décidé la suspension de ses activités de l'ANC", selon un communiqué.

Le parti, qui compte 13 élus sur 217, a dénoncé dans ce document, signé par son chef Mustapha Ben Jaafar également président de l'ANC, des amendements au règlement intérieur de la Constituante qui viseraient à retirer à l'opposition ses armes parlementaires.

"Ces amendements créent un déséquilibre politique au sein de l'ANC (...) ce qui ne peut qu'approfondir la crise", ajoute le communiqué.

M. Ben Jaafar continuera cependant d'assurer ses fonctions de président de la Constituante, a précisé à l'AFP le porte-parole du parti, Mohamed Bennour.

Des députés de l'opposition ont annoncé également la suspension de leur participation aux travaux de l'ANC.

"Nous annonçons la suspension de notre participation à l'ANC et nous considérons que les amendements apportés au règlement intérieur représentent un coup d'�?tat parlementaire", a déclaré le député Mongi Rahoui à l'antenne de la radio Mosaïque FM.

Le nombre exact de députés concernés n'a cependant pas été précisé.

Des négociations censées aboutir à la formation d'un gouvernement apolitique et l'adoption d'une Constitution en cours de rédaction depuis deux ans ont échoué lundi entre les islamistes et l'opposition faute de consensus sur l'identité du futur Premier ministre.

Ces pourparlers visaient à sortir la Tunisie de la profonde impasse dans laquelle elle est plongée depuis l'assassinat le 25 juillet d'un député d'opposition attribué à la mouvance jihadiste.

Une soixantaine de députés d'opposition avaient déjà boycotté l'Assemblée pendant trois mois, ne reprenant leurs places qu'après le lancement des négociations.

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