Un criminel de guerre présumé centrafricain devant la CPI

Par AFP

AFRICA RADIO

Un suspect de crimes de guerre en République centrafricaine a comparu pour la première fois vendredi devant la Cour pénale internationale (CPI).

Mahamat Said Abdel Kani, 50 ans, un commandant présumé de la coalition rebelle à dominante musulmane Séléka, responsable de nombreuses violences dans le pays en 2013, avait été remis dimanche par les autorités de Bangui à la CPI, sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par l'un des juges du tribunal en 2019."Je vais me taire pour l'instant et m'exprimer le moment venu", a-t-il déclaré vendredi depuis le centre de détention de la Cour, lors d'une audience en visioconférence."Je ne suis pas encore très bien informé de mes droits. Je suis conscient qu'en tant que suspect, je suis présumé innocent", a-t-il précisé, ajoutant qu'il avait "bien compris" l'ensemble de ses droits qui lui ont été énumérés.Mahamat Said Abdel Kani est soupçonné de "crimes contre l'humanité, d'emprisonnement ou autre forme grave de privation de liberté, de torture, de persécution, de disparitions forcées et d'autres actes inhumains", ainsi que de "crimes de guerre, torture et traitements cruels", selon la CPI.Il est arrivé lundi au centre de détention de la Cour, à La Haye aux Pays-Bas, où siège la CPI, créée en 2002 pour juger les crimes les plus atroces."L'ouverture de l'audience de confirmation des charges est fixée provisoirement au mardi 5 octobre", a fait savoir la CPI dans un communiqué peu après sa comparution.La Centrafrique avait sombré en 2013 dans un conflit sanglant, à la suite du renversement du président François Bozizé, opposant notamment la Séléka, une coalition rebelle à majorité musulmane, à des groupes armés chrétiens et animistes soutenant François Bozizé, et connus sous le nom de milices anti-balaka.Deux anciens chefs de guerre centrafricains, qui dirigeaient des milices anti-balaka, sont, eux aussi, actuellement jugés par la CPI.