Un défilé du 14-Juillet sous la pluie aux couleurs africaines

14 juillet 2010 à 17h42 par La rédaction

PARIS (AFP)

Les troupes des anciennes colonies françaises de l'Afrique sud-saharienne ont tenu la vedette mercredi du traditionnel défilé militaire du 14-Juillet qu'ils ont ouvert sur les Champs-Elysées à Paris, créant aussi la polémique.

Pour la première fois, ce défilé n'a pas été suivi par la traditionnelle garden-party à l'Elysée, annulée cette année par mesure d'économies.

Le chef de l'Etat a donné le coup d'envoi de la cérémonie à 10h00 précises place de l'Etoile, passant ensuite en revue, à bord d'un command car les troupes qui s'apprêtaient à défiler et saluant de la main la foule massée sur les trottoirs.

Il a rejoint, sur la tribune présidentielle, les chefs d'Etats et dirigeants africains de treize pays africains francophones, ses invités d'honneur à l'occasion du 50e anniversaire de leur indépendance, pour suivre le défilé, arrosé par moments d'une pluie battante.

Avec son gouvernement au complet, entouré des présidents camerounais et burkinabé, Paul Biya et Blaise Compaoré, tandis que son épouse, Carla, avait à ses côtés, Chantal Compaoré et Chantal Biya, il a assisté à des tableaux musicaux où tambours africains se sont notamment mêlés aux tambours français.

Le défilé aérien, conduit par les Alpha Jet de la Patrouille de France, a alors ouvert le bal avec en exergue la participation d'une vingtaine d'appareils de l'aéronavale qui célèbre son centième anniversaire.

 Par détachement d'une trentaine d'hommes, les nations africaines ont battu le pavé dans l'ordre alphabétique : Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo.Les Tchadiens, tout de blanc vêtus et au pas de l'oie impeccable, ont suscité l'admiration du public.Conviée, la Côte d'Ivoire était représentée par son ministre de la Défense mais ne défilait pas.

La veille, en recevant ses hôtes africains, M. Sarkozy avait justifié l'invitation faite à ses homologues et le défilé de leurs troupes, face aux multiples critiques.

Il s'était défendu de toute "nostalgie coloniale", soulignant au contraire "l'injustice et les erreurs" de cette période."C'est le lien du sang que nous célébrons", a-t-il écrit dans un message aux participants du défilé.

Alors que des ONG ont dénoncé la possible présence de "criminels" dans les contingents africains du défilé, Hervé Morin (Défense) a affirmé qu'il n'avait "aucune indication de la sorte".

 Après les troupes africaines, ont suivi les mousses de l'école du même nom et les jeunes de la "préparation militaire", la contribution du ministère de la Défense à la lutte contre les discriminations.

Les militaires engagés sur les théâtres d'opérations extérieures, à commencer par l'Afghanistan, étaient présents.

Les familles des soldats morts ou blessés au combat étaient conviées et Carla Bruni-Sarkozy est allée les saluer.Le président a salué les soldats blessés en service au Liban, en Afghanistan et à Djibouti.

 4.400 hommes ont défilé au total ainsi que 269 véhicules, 241 chevaux et cavaliers, 82 motos, 79 avions et 38 hélicoptères.

Le défilé s'est clos avec huit parachutistes qui ont bravé un temps difficile pour se poser pile devant la tribune d'honneur, place de la Concorde, porteur des couleurs françaises et européennes et des drapeaux des quatorze nations invitées, dont celui de la Côte d'Ivoire.

Nicolas Sarkozy a pris un bain de foule avant de regagner l'Elysée, où il a reçu à déjeuner, avec son épouse, douze Français "méritants" -cinq femmes et sept hommes - ainsi que leurs conjoints, venus d'horizons très divers, professionnels et géographiques.